Le surhomme et la philosophie
       
       
         
         

incognito77@ibelgique.com

      Cher Monsieur Nietzsche,

J'aimerais savoir si le surhomme philosophe(ra) encore. Ne pourrait-on dire que la philosophie n'a jamais existé que dans le but ultime de créer le surhomme?

Le surhomme ne serait-il alors, en bout de course, que philosophie incarnée? Dans ce cas, peut-il en avoir conscience? le doit-il pour être ledit surhomme? ou faut-il au contraire qu'il soit né surhomme sans en avoir conscience?

Est-il exact d'écrire que: «pour le surhomme, la conscience et la non-conscience se rejoignent, alors que pour l'homme, cette proposition semblera justement impossible.» (Idem avec les notions de «fini» et d'«infini».)

Beaucoup de questions qui n'en sont jamais qu'une seule.

Pourriez-vous m'éclairer ou me référer à un passage où vous auriez abordé cette question plus précisément?

Merci.

Incognito

 

       
         

Friedrich Nietzsche

      Cher Monsieur,

Oui, le Surhomme est d'abord un philosophe et un artiste, c'est-à-dire un destructeur et un créateur. Il représente l'accomplissement de l'évolution spirituelle de l'humanité. Cependant, il n'est pas exact que la philosophie n'a existé que pour l'avènement du Surhomme. Il n'y a pas de déterminisme historique de la philosophie. L'homme en lui-même est une fin. Il faut s'élever vers le Surhomme, non y aller en train. Le Surhomme a pleinement conscience de l'être. Il assume pleinement sa finitude et acquiesce sans réserve au caractère tragique de l'existence.

Sur le Surhomme, je vous conseille de lire «Ainsi Parlait Zarathoustra».

Bien à vous,

F. Nietzsche