Le suicide |
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| Que pensez-vous du suicide Monsieur Nietzsche? Céline |
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| Chèr(e) Céline, Il faut distinguer deux cas: Abstraction faite des exigences qu'impose la religion, on est autorisé à se demander: pourquoi y aurait-il plus de gloire à un homme devenu vieux, qui pressent la déchéance de ses forces, à attendre son lent épuisement et sa dissolution, qu'à se fixer lui-même un terme en pleine conscience? Le suicide est dans ce cas une action toute évidente et toute naturelle, qui, étant une victoire de la raison, devrait en équité exciter le respect: et le fait est qu'elle l'excitait, aux temps où les chefs de la philosophie grecque et les patriotes romains les plus courageux avaient coutume de mourir par suicide. Au contraire, la soif de se prolonger de jour en jour par la consultation inquiète des médecins et le régime de vie le plus pénible, sans la force de se rapprocher du terme propre de la vie, est beaucoup moins respectable. - Les religions sont riches en expédients contre la nécessité du suicide: c'est un moyen de s'insinuer par la flatterie chez ceux qui sont épris de la vie. Le suicide du jeune homme qui veut fuir les malheurs de la vie est consternant car dans ces malheurs même, il peut sentir la volonté de puissance dans toute sa splendeur. Il ne faut pas confondre le suicide comme point terminal de la vie, qui est encore volonté, et le suicide lâche du faible qui ne peut supporter sa propre éternité, dans chaque instant. Tout est volonté. Il faut devenir ce que tu es. J'espère avoir répondu à votre question. Bien à vous, F. Nietzsche |
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| Si je comprends bien, Monsieur Nietzsche, les jeunes qui se suicident seraient des faibles dont le geste est lâche? Au moment où je vous parle, des jeunes entre 15 et 29 ans se suicident par milliers par année! Ce sont tous des faibles??? Il y a même des jeunes de 10 ans qui le font maintenant, pouvez-vous expliquer le geste d'un enfant de cet âge, simplement en disant que c'est lâche? | ||||
| Chère Madame, Oui, le suicide des jeunes est lâcheté devant la crainte de leur éternité, de leur Volonté de Puissance, de l'Éternel Retour. Peut-être dans certains cas faut-il faire une exception - lorsque le geste est une exclamation et peut devenir artistique. Mais le suicide du mal d'être, chère Madame, est d'une lâcheté qui fait honneur à votre temps et montre bien l'entropie de votre époque. Il est un appel du nihilisme contre la Grande Santé, et montre un aveuglement devant la Volonté de Puissance déséspérant. Bien à vous, F. Nietzsche |
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| skippy365@hotmail.com | Je ne partage pas du tout votre opinion! Je crois que vous
manquez de données pour affirmer une telle hypothèse qui me semble
bien loin de la réalité! Céline |
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| Chère Madame, Je suis un philosophe. Je ne formule pas des opinions, mais des pensées. J'ai consacré ma vie à ce travail. Je n'espère pas que vous compreniez, et je vous avoue que cela m'importe peu. Celui qui annonce le Surhomme prêche dans le désert. Bien à vous, F. Nietzsche |