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jeanfrancoisdipietro@globetrotter.net |
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Le dressage de l'animal homme |
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| Bonjour Monsieur Nietzsche, Vous avez écrit abondamment au sujet du concept de «volonté», l'enrichissant de raffinements savoureux qui ont laissé loin derrière les grossières théories de vos prédécesseurs. Si vous le voulez bien, j'aimerais maintenant m'entretenir avec vous de d'action, de méthode... de «praxis» par rapport à ce concept de volonté. DE MANIÈRE TRÈS CONCRÈTE, quel est le plan que vous mettriez de l'avant pour établir une volonté saine et vigoureuse --- bref, une hiérarchie des instincts? En d'autres mots, comment procéderiez-vous à ce que vous avez appelé le «dressage» de l'animal homme? Auriez-vous en tête quelques points précis d'un programme de «grande santé» de la volonté dont vous voudriez nous faire part? Au fond, ma question ne se résume-t-elle pas un peu maladroitement à ceci: Comment, CONCRÈTEMENT, accroître la volonté de puissance? (Physiquement, socialement, culturellement... libre à vous de choisir le terrain et les armes!) Votre tout dévoué et reconnaissant lecteur, Jean-Francois Di Pietro Cher Monsieur Di Pietro, Pour être très concret, vouloir égale créer, volonté égale joie. Ma volonté survient toujours en libératrice et messagère de joie. Vouloir affranchit. Vouloir, c'est créer du sens et des valeurs, c'est également une critique. La critique doit déterminer de manière légère, active, agressive, affirmative, et joyeuse, la généalogie des valeurs, leur noblesse ou leur bassesse. La critique est la destruction comme joie, l'agressivité du créateur. Le créateur des valeurs n'est pas séparable d'un destructeur, d'un criminel et d'un critique: critique des valeurs établies, critique des valeurs réactives, critique de la bassesse. Dans la critique peut se déployer la création de nouvelles valeurs, et leur généalogie, puis la volonté du retour de cette création. Et ainsi jusqu'au Surhomme. Bien à vous, et merci pour vos nombreuses lettres. F. N. |
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