Intelligence artificielle autonome |
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Bonjour,
Les études que je mène actuellement, aussi bien dans le cadre de ma formation qu'à titre personnel, me mettent plus ou moins fréquemment avec ce que l'on appelle l'intelligence artificielle. Il s'agit, en réalité, d'une série de relations mathématiques qui permettent, grâce aux technologies récentes, de simuler l'esprit, l'entendement, même la personnalité humaine, sans qu'il n'y ait d'humain derrière mais une simple machine. Une machine comme les autres, froide, rigide, même si cela peut être camouflé derrière les réponses que l'on y programme. Pour le moment, celles-ci demeurent enregistrées dans la machine, mais le XXIe siècle voit la perspective d'un changement: l'IAA, ou l'Intelligence Artificielle Autonome.
En jouant sur la physique quantique, à très petite échelle, la machine peut désormais établir des relations, des circonvolutions, des raisonnements. Des recherches sont en fait actuellement menées pour donner à la machine une imagination.
«Science sans conscience n'est que ruine de l'âme», comme moi, vous reconnaîtrez cette citation. Celle-ci inspire mes «recherches», en cela que je ne peux m'empêcher de considérer une découverte non pas seulement sous le simple regard scientifique, mais également philosophique.
Concernant l'IAA, je tenterai de résumer mes interrogations ainsi: Pourquoi cherchons-nous à copier l'homme, même si l'on sait très bien que ce Pinocchio que nous créerons, libres de nos faiblesses, pourrait finir par nous dominer, voire nous remplacer? Faut-il que nous nous éteignions devant ce qui sera évidemment meilleur que nous?
D'autre part, jusqu'à présent, le phénomène que l'on appelle passion ne semble pas possible physiquement, je veux dire, à la machine. Pensez-vous que cela puisse être la raison de sa supériorité?
Le Grand Midi viendra-t-il le jour où la machine, créée par l'homme, détruira son créateur, tout comme nous avons détruit le nôtre?
Julien
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Monsieur Castelli,
Tout d'abord, je voudrais vous féliciter. Rares sont les scientifiques qui se préoccupent des implications philosophiques de leurs découvertes. Vous y songez, c'est très louable. Pour ce qui est du recours de plus en plus grand aux machines, c'est un fait qui allège le travail, tout en rendant le paraître de la chose produite excellent. Mais la machine humilie, elle est impersonnelle, elle enlève au travail sa fierté, se qualités et ses défauts individuels qui sont le propre de tout travail qui n'est pas fait à la machine, donc une parcelle d'humanité. Autrefois, tout achat chez des artisans était une distinction accordée à une personne, des marques de laquelle on s'entourait: de la sorte, les objets usuels et les vêtements devenaient une sorte des symboles d'estime réciproque et d'affinité personnelle, tandis qu'aujourd'hui nous semblons vivre seulement au milieu d'un esclavage anonyme et impersonnel. Il ne faut pas acheter trop cher l'allègement du travail. Je ne crois pas que la passion soit ce qui distingue l'homme de la machine, mais la fierté du travail bien fait, je ne crois pas qu'une machine puisse le ressentir. Comment une machine, qui est programmée, peut-elle ressentir de la fierté à produire ce qu'elle est programmée pour produire? Mais l'absence de passions ne fait pas un meilleur homme. Au contraire. Grâce à nos passions, nous sommes plus forts que la machine. Moins efficaces, peut-être, mais tellement plus forts. L'homme veut imiter l'homme pour avoir le contrôle sur son propre destin. Depuis la mort de Dieu, l'homme tente de se mettre à la place de Dieu, et cela passe par la création. Donc toutes les recherches de la science aujourd'hui tendent vers la possibilité de créer de manière non naturelle. C'est pourquoi nous avons l'Art: pour ne point périr de la vérité. Quant à savoir si l'homme peut créer les modes de sa propre destruction, oui, je le crois. Et ce qui adviendra alors est soit l'apparition du surhomme, soit l'anéantissement de l'espèce humaine. Malgré ce risque, les scientifiques continuent leur quête de puissance. C'est encore une fois l'incompréhension absolue de ce qui fait la force de l'homme: la Volonté de Puissance. Bien à vous. FN |
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