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 Mgr F. de N.
écrit à

Maréchal Joachim Murat


Votre relation avec les soldats


    Sire, Monsieur le Maréchal d'Empire,

On raconte que votre beau-frère, notre Empereur, est très proche de ses soldats et surtout de sa glorieuse Vieille Garde dans laquelle on trouve les Grognards dont il a tant salué la bravoure.

Qu'en est-il des relations entre Maréchaux et «simples» soldats? Les rencontrez-vous beaucoup, que ce soit sur le champ de bataille ou en dehors? Vous est-il déjà arrivé de faire la rencontre de conscrits, par exemple? Sont-il plus apeurés que les guerriers aguerris ou le son du tambour les motive-t-il?

Quel est le régiment que vous avez le plus fréquenté? Serait-ce le 20e Escadron de Chasseurs à Cheval, conformément à mes suppositions?

Je m'excuse du caractère vague de mes questions et je vous salue avec le plus profond respect,

Mgr F. de N.

Monseigneur F. de N.,

Je suis sincèrement navré de vous répondre aussi tard mais ne m’en veuillez pas s’il vous plaît. Mes geôliers, pour me nuire et m’exaspérer, ont confisqué tout mon courrier. Depuis fort longtemps, j’étais surpris de ne plus recevoir de correspondance de la part de Dialogus, ni surtout de ma femme; l’un de mes geôliers pris de remords, vient de me donner ce matin toute la correspondance qui m’avait été confisquée.

En effet, l’empereur était proche de ses soldats, surtout ceux de la vieille garde naturellement, puisque c’est ceux qu’il côtoyait le plus, avec les grands officiers.

Les relations entre la majorité des Maréchaux étaient tendues, pour ne pas dire mauvaises. Marmont, Ney, Pérignon, Soult étaient insupportables, Bessières n’était pas mauvais mais manquait de tempérament, tout comme Jourdan d’ailleurs; Lefebvre, quant à lui, était plutôt soupe au lait, à l’instar de Bernadotte, Davout, Gouvion-Saint-Cyr, Oudinot et Victor. Bon de Moncey, Lannes, Masséna, Mortier, quant à eux, étaient plus que corrects. Vous connaissez déjà les rapports entre les grands officiers, maintenant, vous ne serez donc pas surpris que Marmont, Oudinot, Soult, Victor ne soient que fort peu respectueux de leurs soldats, contrairement à moi-même, Bessières, Davout, Lannes, Ney qui étions réellement soucieux du sort de nos subordonnés. Hormis lors des campagnes militaires et d’événements, tels que le sacre, les conseils de guerre, les mariages, nous ne nous sommes pas souvent côtoyés entre Maréchaux et avons encore moins côtoyé les soldats.

Il m’est arrivé à maintes reprises de voir des conscrits intégrer l’armée. Il y avait des courageux, des plus timorés également mais généralement, une fois le combat engagé, même les plus peureux se battaient remarquablement, ne serait-ce que pour sauver leur peau. Et même vers la fin de l'Empire, la confiance qu’éprouvaient la plupart des conscrits envers l’empereur était intacte!

Le son du tambour motive énormément les soldats: il faut voir comme le seul son du tambour galvanise les troupes!

C’est plutôt le 12e régiment des chasseurs à cheval que j’ai le plus côtoyé.

En vous priant de m’excuser pour le retard de mes réponses à votre message, ce dont je ne suis pas responsable, et en espérant vous avoir répondu le plus précisément possible,

Joachim-Napoléon Ier Roi déchu des Deux-Siciles

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