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francine20_01+sympatico.ca |
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messe en ut mineur |
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| Herr Mozart, J'apprécie particulièrement votre musique pour orgue et votre musique sacrée. Au conservatoire de musique que je fréquente, nous préparons un récital où nous présenterons votre messe en ut mineur. Cependant, elle n'est pas achevée. Seriez-vous en mesure de me dire pourquoi vous ne l'avez pas terminée? En tout cas, ce que vous en avez écrit est magnifique... Vous donnez du fil à retordre à la chanteuse soliste (soprano)! Vous lui demandez une grande étendue... dans les graves comme dans les aigus. Autre chose, j'interprète votre fugue en sol mineur pour orgue (mécanique, originellement) à quatre mains avec un ami. Quelles registrations (jeux) conseillez-vous? Il semble que vous considériez l'orgue comme le roi des instruments, est-ce que je me trompe? Si vous pensez ainsi, je suis tout à fait d'accord avec vous... Merci à l'avance de prendre le temps de répondre à mes questions. Vous êtes un musicien formidable. Respectueusement vôtre, Francine Chère Francine, Votre message me parvient ici à Linz, ce 31 octobre 1783 alors qu'il y a cinq jours fut exécutée à l'abbaye Saint-Pierre à Salzbourg, la messe dont vous me parlez. Ma femme Konstanze y a tenu une des deux parties de soprano solo. Vous n'en connaissez qu'une partie parce que, m'a-t-on dit chez «Dialogus», ma partition autographe, qui ne vous est parvenue que très tardivement à votre époque, ne contient que les trois quarts de la messe. De quelle fugue en sol mineur s'agit-il? Il me semble me souvenir en avoir écrit deux pour orgue mécanique ou pour glass-harmonica (ou clavier seul), mais pas pour quatre mains; ou peut-être ne l'ai-je point écrite encore? Tout est bien possible avec ce magique procédé de monsieur Dumontais! Ah! L'orgue, chère Francine, j'ai composé plusieurs pièces pour cet instrument-roi, et c'est vrai que je le chéris. Konstanze et moi avons quitté Salzbourg le lendemain de la messe à Saint-Pierre. Nous sommes arrivés ici hier matin à 9 heures. Le premier jour, nous avons couché à Vöcklabruck. Le lendemain, nous étions à Lambach dans la matinée, et je suis arrivé juste à temps pour la messe, pour accompagner à l'orgue l'Agnus Dei. Nous y sommes restés toute la journée, et j'y ai joué de l'orgue et du clavicorde. Mardi, le 4 novembre, je donnerai ici une académie au théâtre. Et comme je n'ai pas une seule symphonie dans mes bagages, j'en écris à toute vitesse une nouvelle qui devra être terminée avant cette date. Je dois donc clore maintenant, car j'ai grand besoin de travailler. Portez-vous bien, W. A. Mozart Herr Mozart, Merci pour votre réponse. La fugue dont je parlais était pour orgue mécanique et j'en jouais une transcription pour 4 mains. Si je comprends bien votre réponse, vous n'avez pas encore terminé cette messe en ut mineur dont vous avez exécuté une partie à Salzbourg avec votre épouse. Votre manuscrit parvenu très tardivement à mon époque ne comporte pas d'Agnus Dei, entre autres parties manquantes. J'imagine que vous avez comblé ces lacunes avec des parties d'autres oeuvres sacrées que vous aviez écrites précédemment. Vous avez fait le voeu d'écrire cette messe, mais la partie manquante comporte tout de même des ébauches. Comptez-vous reprendre cette messe un jour ou cette messe restera-t-elle aux trois quarts complétée? À moins que je ne me trompe et que vous ayez déjà complété cette messe et que les parties manquantes aujourd'hui se soient perdues dans le temps... Merci de répondre à mes questions, comme apprentie musicienne, je sais à quel point vous devez être débordé de travail, parfois. Respectueusement vôtre, Francine Chère Francine, Si vous ne connaissez qu'une partie de la messe, d'après Dialogus, c'est que l'autre partie s'est perdue ou peut-être l'ai-je égarée dans un de mes déménagements?! C'est toujours possible... Quoi qu'il en soit, je termine presque toujours mes oeuvres et celle-ci ne fait pas exception à la règle. D'ailleurs, je n'aurais pas osé présenter du réchauffé d'une autre oeuvre plus ancienne, mêlée à ma messe en ut mineur, ce serait un peu...déplacé! Je pense savoir de quelle fugue vous me parlez, je crois l'avoir écrite pour l'Horloger, un comte viennois passionné d'automates. Il en a une belle collection! Il m'a demandé ces fugues entre autres pour qu'un de ses automates puisse la jouer. Ma foi le résultat n'est pas trop mauvais. Je vous conseille de jouer en bourdon ou en cromorne; les jeux trop aigus ou trop forts ne conviennent pas à cette musique! Mais la version à quatre mains de cette fugue me semble sortie tout droit de la plume d'un arrangeur. Mes deux mains me suffisent si je devais la rejouer. Oidda, zetrop suov nieb WA Mozart |
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