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anna-lena.fortin@noos.fr |
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Ma reconnaissance |
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| Mon cher maître, Je me permets de vous écrire ces quelques mots afin de savoir si tout va bien pour vous? Après tant de travail et de tourments, ce ne serait qu'un juste retour des choses. En effet mon cher maître, la bêtise et l'ignorance humaine ont eu raison de vous. Et s'ils ne vous ont pas consacré de votre vivant, je peux vous dire qu'ils s'en mordent les doigts. Que n'aurais-je aimé de vivre en votre temps et pouvoir vous accompagner dans votre périple musical: vous voir dire ses quatres vérités à Colloredo, vous suivre lors de votre arrivée à Vienne en quête de gloire, ou du moins d'un peu de reconnaissance. J'aurais aimé vous assister à Prague lors de la première mondiale de ma raison d'être (Don Giovanni), ou encore être là ce 30 septembre au Theater auf der Wien pour entendre cet aria de Papageno qui m'est si cher. Enfin, pour vous suivre vers vos derniers jours et votre testament musical qui me fait un peu plus frémir à chaque note. Allons bon maître! Et le plus énervant dans tout cela, c'est que j'aurais tout donné pour pouvoir leur dire, juste leur dire que vous êtes le plus grand génie de tous les temps et qu'ils passent à côté de vous sans vous entendre. Que nous sommes bêtes, cher maître, quand je pense que vous êtes mort dans un état voisin de la misère et qu'aujourd'hui vous seriez un des hommes les plus riches du monde... Sachez mon cher Mozart que vous possédez en tout cas ma reconnaissance pour votre oeuvre qui, au-delà de tous les mots, me suivra elle et elle seule toute ma vie et ce jusque ma mort, moment où, je l'espère, je vous rencontrerai. Votre admirateur dévoué. Trazom Cher Admirateur qui signez de mon nom, Vous semblez oublier que pour vous, Monsieur Dumontais s'adresse à moi grâce à un procédé qui m'est mystérieux, mais grâce auquel je reçois vos messages comme ceux de mes contemporains. Vous vous adressez donc bien à quelqu'un qui vous répond à des siècles de distance, mais croyez-moi, bien en vie! Je suis très ému de ce que vous me dites qu'à ces siècles de distance, ma musique vous apporte tant. Si Monsieur Dumontais ne la retranscrit, vous aurez sans doute bien du mal à lire ma lettre parce que j'écris en hâte et par suite, assez mal. Ne m'en veuillez pas de déjà vous laisser, mais je dois sans plus attendre écrire à ma Constance: il me faut lui relater ma visite hier chez les Neumann, où habite Madame Duschek à qui j'ai remis une lettre de son époux. Dresde, le 13 avril 1789. W. A. Mozart ou... «Trazom» comme je le signe quelquefois. |
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