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Cher monsieur Mozart,
Cela fait longtemps que je rêvais de pouvoir me mettre en contact
avec le passé. À l'école, nous avons
participé à un projet concernant les héros de la
littérature, de l'Histoire, de l'art... Voilà pourquoi
j'ai eu la possibilité d'envoyer une lettre à l'un d'eux
et j'ai décidé de vous écrire!
La musique a toujours fait partie de ma vie et c'est une des choses les
plus importantes pour moi: elle me donne des émotions,elle me
fait rêver, elle me soulage pendant les moments tristes. Elle est
magique! Toutefois, je pense que presque personne ne peut
pénétrer sa véritable essence, excepté
quelques personnes que Dieu a choisies, dont vous faites partie! La
musique classique est, je pense, la plus authentique. Quand je
l'écoute, j'éprouve un plaisir incroyable, je me
détache de la réalité. Souvent je fais la
comparaison entre des artistes comme vous, ou messieurs Beethoven,
Liszt, Tchaïkovsky (par exemple) et la plupart des
«artistes» d'aujourd'hui, et je vois une incroyable
différence. Bien que les moyens de faire de la musique se
développent continuellement, aujourd'hui on idolâtre des
artistes médiocres souvent sans vraie raison. Je pense que les
moyens aident, mais la musique est dans la tête des musiciens;
toutefois, selon moi, il n'existe plus des génies comme ceux du
passé. J'aimerais savoir ce que vous pensez de tout ça!
Je pense souvent, en écoutant par hasard des
«tubes», par exemple, quand je suis à la piscine:
«que penserait monsieur Mozart de la dégradation de la
musique?»
Personnellement j'écoute beaucoup de musique, à tout
moment, tous les jours. J'écoute seulement de la musique Metal
(surtout Power Metal mais aussi Progressive Metal), quelques
compositeurs solistes (surtout guitaristes comme Steve Vai, John
Petrucci, Paul Gilbert etc... ) et de la musique classique.
Un aspect de votre personnalité attire ma curiosité:
d'où vient votre génie? Qu'avez-vous
éprouvé quand vous avez écrit des chefs-d'œuvre
comme le «Requiem», par exemple? Où prenez-vous
votre inspiration? Chaque fois que je l'écoute, j'ai des
frissons!
J'aimerais beaucoup vivre même un seul jour dans le passé,
quand on composait de la musique si touchante et si magique!
Dans l'attente de votre aimable réponse, je vous prie
d'agréer, cher monsieur Mozart, mes salutations
distinguées,
Alessandra
À Vienne, le 15 mars 1787
À la très chère Alessandra; quel noble nom issu de
l'Italie chère à mon cœur!
Vous ne vous doutez guère, madame ou mademoiselle, à quel
point votre lettre me fit plaisir. Riche de continents inconnus, de
noms exotiques, de réflexions intéressantes! Vous parlez
de moi comme d'un élu de Dieu... et bien que cette distinction
me flatte, elle n'en est pas moins exagérée. Certes,
à vous entendre, ma musique semble avoir traversé les
siècles (par quel miracle de Dieu précisément, je
ne saurais le dire... est-ce dû à son seul
«génie»?), mais en ce siècle, en ce lieu et
en ma vie, je vous assure qu'ils sont peu nombreux, ceux qui me
considèrent ainsi. Et que j'ai de peine à faire entendre
ma musique et à en vivre!
Vous me dites que la musique se dégrade avec les siècles?
Dame, c'est déjà le cas aujourd'hui, rassurez-vous. Si
vous saviez quels brouets nous sommes tenus d'entendre à Vienne,
vous seriez fort étonnée. Qu'importe les formes qu'elle
prend et les noms qu'on lui donne (sans vouloir vous offenser, je
n'entends rien aux noms de musique que vous évoquez)! La musique
peut être facilement mauvaise si elle est menée par des
ânes.
Vous n'êtes pas la première, d'ailleurs, à me
demander d'où me vient mon «génie», puisqu'il
semble que votre époque me gratifie de ce titre. Chère
enfant, ce serait comme vous expliquer d'où vient l'air que nous
respirons tous, pourquoi le ciel de la nuit est piqué
d'étoiles et pourquoi nous ne pouvons vivre sans soleil! Comment
l'expliquer... Je ne suis qu'un homme et musicien, peu versé
dans les sciences pour lesquels les Français par exemple se
passionnent, et je ne saurais vous répondre là-dessus.
Mon inspiration, elle, vient... Ma foi, comment l'expliquer là
encore? C'est une telle alchimie, que je m'étonne que
l'Église ne se soit pas penchée sur cette invention du
Diable. Je ne suis sûr que d'une chose: les
événements de ma vie influencent grandement ma
composition. Pas toujours par mimétisme (un malheur ne me fera
pas forcément composer d'œuvres tristes), mais je ressens
souvent l'atmosphère de moments, d'événements, qui
sans doute sans que j'y réfléchisse, guident ma plume sur
mes partitions.
Grand merci à vous, Alessandra du soleil d'Italie, pour votre
lettre si galamment écrite, comme je n'en reçois que trop
peu.
Votre serviteur,
Wolfgang Amadeo M.
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