Je suis encore ému
       
       
         
         

tomneu@ifrance.com

      Monsieur Mozart,

Je n'ose écrire votre nom à cause du respect que je vous dois. Que tout le monde d'ailleurs vous devrait, si l'humanité était consentante, pour une fois, à être intelligente et à reconnaître l'Art au sens noble du terme. Car, très souvent je pense à cette idée, saugrenue peut-être (notamment en écoutant le requiem), que si vous êtes touché par la grâce dans votre génie de composition, en êtes-vous vous-même conscient?

Ce qui me permettrait de vous confondre en notre Dieu. Mais je sais que vous ne l'êtes pas. Mais du coup se pose le problème qui me fait vous déranger. Si vous n'êtes pas Dieu, vous êtes donc son digne représentant. Mais alors, que suis-je? Pas Dieu, il est unique. Mozart l'est aussi, mais il est un homme. Moi, je suis un homme mais je ne suis pas Mozart! Alors, je ne suis que moi-même et je me sens petit... petit... Mais au moins, vous me réconfortez lorsque je vous écoute, tout comme le seigneur mon Dieu, lorsque je l'interroge... Au moins, on se comprend.

Bien à vous,

T

 

       
         

Wolfgang Amadeus Mozart

      Monsieur Neuville,

Je me console, quoi qu'il advienne, parce que je sais que Dieu, qui ordonne tout pour notre mieux (si arbitraire que cela nous paraisse), le veut ainsi; car je crois (et je ne m'en laisserai pas dissuader) qu'aucun docteur, aucun homme, aucun malheur, aucun hasard ne peut donner la vie à l'homme ou la reprendre, mais Dieu seul.

W.A. Mozart.