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Miss M.
écrit à

Wolfgang Amadeus Mozart


J'en pleurerais


   

Bonsoir, cher amoureux des instants joyeux et de la douce musique qui enchante nos oreilles!


Je parcourais à peu près tous les noms de la liste de Dialogus, et je suis tombée sur vous. Intéressée, je suis allée voir votre correspondance et, surprise! Vous n'avez qu'un seul et unique courrier! Que le monde peut être injuste parfois! N'êtes-vous pas trop triste? Si oui, ne vous inquiétez surtout pas! Je suis sûre qu'un temps arrivera où la terre se pressera pour pouvoir profiter de votre correspondance!

J'espère avoir une réponse!


Respectueusement,

Miss M.


Très chère comtesse,


Je vous remercie de votre sollicitude à mon égard, mais je ne m'affolerais pas outre mesure. Si les mains diligentes qui s'occupent de Dialogus sont quelque peu empêchées de publier mes lettres, m'est avis que cela ne saurait tarder. Je puis vous assurer que, depuis que j'ai rejoint les rangs de cette belle organisation, j'ai déjà pu m'adresser à bon nombre d'admirateurs, souvent féminins, mais aux propos malheureusement pas toujours des plus intelligibles...

Merci à vous, donc, chère amoureuse de ma musique, vous me touchez profondément.


Vôtre,

W.A Mozart


Bien le bonjour à vous!

Vous m'en voyez alors rassurée. J'étais effectivement au courant du fait que l'équipe de Dialogus puisse mettre un long moment avant de publier les lettres, mais n'y ai pensé qu'après vous avoir écrit. J'espère que là où vous êtes tout se passe au mieux pour vous. Et aussi... Je ne suis pas encore comtesse, j'ai pris la liberté de me donner ce rang en avance car il sonne plutôt bien avec mon nom. Enfin, ça, c'est ce que je pense.

Vous me trouvez profondément ravie de vous «toucher profondément» (ça me fait toujours extrêmement plaisir «d'entendre» ce genre de choses).


À bientôt j'espère,

Miss (car je ne suis encore que ça) M.


Chère comtesse,


Souffrez que je vous appelle par cette distinction qui m'est plus proche que d'autres appellations (je pense au demeurant que votre sexe exquis souffrira bien une flatterie telle que celle-ci).

Ah, chère comtesse... J'ai délaissé quelque peu les lettres de mes admirateurs ces temps-ci, car il faut bien avouer que la plupart ne sont pas intéressantes... Il est bien rare d'avoir affaire à des interlocuteurs qui répondent à nouveau, comme vous le faites vous-même, aussi étrange que cela paraisse. C'est bien pour cela que vous me touchez, vous qui vous enquérez de ma santé et de ce que je fais.

Mais parlez-moi un peu de vous, que je connais si peu. Êtes-vous musicienne ou chanteuse? En quelle ville habitez-vous?


Vôtre,

Mozart


Bonsoir (même si il est encore assez tôt pour dire bonjour),


J'ai beau ne pas l'être pour encore un moment, j'apprécie beaucoup que l'on m'appelle comtesse!

Je suis de ces personnes qui adorent écrire et qui, lorsqu'elles envoient un courrier, en attendent la réponse avec impatience! Je m'excuse aussi de ne vous répondre que deux semaines après votre missive mais je viens tout juste de rentrer dans mon domaine. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Je n'ai jamais su jouer d'instrument de ma vie, mais j'aimerais tant! Surtout du piano ou du violon! Ce ne sont pas les plus simples, mais ils sont ceux que je préfère. Chanteuse? Eh bien... Nous entendons notre voix différemment des autres, de l'intérieur. Je n'ai rien contre ma voix, mais l'on me dit souvent que mon chant n'est pas glorieux.

Non, moi, ce à quoi je passe mon temps, c'est à lire et dessiner! J'aimerais un jour posséder toute une bibliothèque chez moi, avec tous les livres que j'aurais lus jusqu'alors, et l'enrichir de jour en jour. Je dessine depuis toujours. Mais jusqu'à ces dernières années, il n'y avait pas vraiment de couleur, ce qui ne plaisait pas à mon entourage. Pour lui faire plaisir, j'ai essayé la peinture... Enduire de la peinture épaisse sur une toile vierge est agréable. J'aime beaucoup le son de cette pâte qui s'étale. Mais je n'ai fait que des paysages de nuit. Toujours pas assez de couleurs. Je n'y peux rien, faire des personnages à la peinture, moi qui raffole des détails les plus minuscules, m'agaçait profondément! Alors je peignais la lune. Que ferais-je sans la lune? Je la contemple aussi souvent que je le peux. Quand je la regarde je me sens ailleurs, je n'arrive plus à détacher mon regard du sien, et il en faut beaucoup pour m'extraire de sa contemplation. Mais que disais-je déjà? C'est vrai, la peinture. Je le faisais pour leur faire plaisir, mais c'est le contraire qui est arrivé. Je me suis donc mise à l'aquarelle. On m'avait donné un papier à grains. Les détails au crayon disparaissaient dessus, alors j'utilisais les feuilles les plus rudimentaires que j'avais toujours utilisées, et un miracle se produisit: je suis tombée amoureuse. Le papier a beau se gondoler sous l'effet de l'eau, on ne peut dorénavant plus me détacher de mon aquarelle. J'en fais depuis peu, mais bientôt il faudra m'acheter d'autre papier!

Tout ce bloc rien qu'en parlant de ma passion... Je m'arrête ici, sinon j'écrirais un roman!


En attendant votre réponse,

Miss (Eh oui, encore) M.




Alors...

J'avais écrit une réponse, assez longue même, mais alors... Depuis ce temps, ou vous ne m'avez tout simplement pas répondu, ou alors ce message ne vous est pas parvenu. Je n'ai pas vraiment le moyen de vérifier, alors j'ai juste laissé le temps passer! Mais ça remonte à loin! Si vous ne l'avez pas reçu, je vous le dis en bref: mes passions sont le dessin et la lecture, et j'écoute beaucoup de musique pour distraire mes oreilles.


Si vous êtes mien, alors je suis vôtre aussi,

Miss M.

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