Qui es-tu?
       

       
         
         

Pat

      Je me demande qui tu es. Si tu es la personne que tu te dis être, comment fais-tu pour répondre aux lettres????? Tu as un ordinateur? À Avalon? Avec Guenièvre, Artur, Viviane??? Ces derniers ne sont-ils pas morts??? Je ne sais quoi penser... J'ai lu les volumes «Les dames de lac» et «Les brumes d'Avallon», alors qu'est-ce qui se passe avec Accolon, si vous vivez avec les morts??? Je parais peut-être un peu arrogante, mais je ne veux que savoir...

Svp, répondez-moi.

Pat

 

       
         

Morgane

      Pat,

Il est heureux qu'un site Web comme Dialogus existe pour me mettre en contact avec le monde moderne. Je suis de nature curieuse et j'aime bien jouer.

Je suis effectivement avec tous ces gens, Arthur, Viviane, mais aussi Marx, Rimbaud, Dieu ou Aphrodite... Morts ou issus de l'imaginaire de l'homme, ils sont ici, oui. Les brumes sont fines ce soir et je perçois loin, très loin, et même... jusqu'en toi.

Aussi, je suis d'humeur joyeuse et te parlerai d'Accolon... Ah! Accolon...! Il fut un amant exceptionnel, tu sais... Doux et tendre, mais rebelle, fier et joueur à la fois! Un être avec lequel je me suis amusée follement et... Librement, disons... Il était un homme beau, drôle et sensuel... Or, voilà, un soir de fête où nous avions un peu trop bu, mon concupiscent cavalier m'a demandé de voir Excalibur de près. D'abord sidérée par la demande, mais... remarquablement avilie par l'alcool, je titubai jusqu'à Arthur qui ronflait sous la table ronde, amphore toujours en main, et je lui dérobai son épée afin d'en tirer un plaisir puéril avec Accolon qui d'ores et déjà se gaussait dans sa barbe comme un sot! Je n'étais pas moins gourdasse, je te l'avoue brave Pat!

Alors, au réveil, constatant qu'Excalibur ne trouvait plus havre en son fourreau, Arthur entra dans un émoi retentissant et, lorsqu'il la retrouva entre les mains d'Accolon, mon nigaud de frère provoqua sévèrement mon galant en combat légitime! Évidemment, Accolon et moi nous sommes esclaffés, mais... Mon très cher petit frère a l'orgueil sensible et... Accolon et lui ont dû se battre grotesquement comme des marmoussets terribles pour finalement que soit rendu au Roi, son inestimable dû.

Excalibur lui fut donc rendu et... ce soir-là, mon bien-aimé petit frère m'a si gravement sermonnée que plus jamais je ne lui chapardai Excalibur et... plus jamais je ne revis Accolon.

Arthur est, je crois, un peu possessif...

Tu n'es pas arrogante... La curiosité, avec modération -toujours- est une qualité, je crois.

Blessed be
Morgane, dite la Fée