Élise
écrit à

   


Morgane

     
   

Dites-moi, je vous prie...

   

Majestueuse déesse,

Je vous crois, Avalon est en chacun de nous, pouvez-vous me raconter votre histoire? Non celle que l'on peut lire dans les livres, mais la Vérité, votre vie votre passé, votre présent, vos amours comme vos haines, vos joies comme vos déceptions, pouvez-vous me dire, belle dame, comment se passe la vie avec Arthur, avec les fées, et toutes ces choses qui me font rêver...

Je vous salue Morgane, la magnifique. Que votre vie soit douceur et que votre beauté soit éternelle

Au revoir,

Une jeune fille d'un monde qui pleure,
Elise.



Dame Élise,

Te raconter mon histoire prendrait beaucoup de temps... Par où commencer? Tu en sais certes déjà beaucoup, grâce aux livres que l'on a écrits sur notre épopée, que ton époque considère désormais comme légendaire. Oh, je ne saurais te dévoiler toute la Vérité! Cela briserait le charme, la puissance et le message d'espoir dont nous sommes porteurs, nous, du Vieux Peuple. La Vérité, Dame Élise, se trouve quelque part en toi. Cherche-la et fais de cette recherche un Imram. Ton Imram... Tu sais, les bardes qui racontent nos histoires exagèrent peut-être un peu, et, au final, peut-être même que nous, Arthur, les chevaliers, Guenièvre, Viviane, moi et même Merlin nous laissons prendre à leur jeu et acceptons de faire de notre vie cette légende! Mais... N'est-il pas possible, pour tous et chacun de nous, Élise, de faire de notre existence un Grand Mythe? Même toi, a chara, si tu le désires, tu peux faire de ta vie une fable magnifique qui sera racontée encore, dans cent ans, par ta progéniture!

Mes haines, mes joies et mes déceptions sont semblables aux tiennes, mon amie... Bien que transcendée, mon humanité ne déroge pas à ses propres règles, si barbares ou lumineuses quíelles puissent être. La guerre me désespère... J'ai mal lorsque je songe à tous ces amis qui disparaissent sous les attaques des Saxons ou sous la lame, plus sournoise mais aussi mortelle, des Chrétiens. Je souffre de cette hypocrisie tapie dans l'âme des humains... D'autre part, Dame Élise, je m'enchante à la pensée de nos compagnons dont le regard clair me laisse espérer le meilleur pour l'avenir du Petit Peuple! Je m'émerveille de la fleur qui s'ouvre au soleil au petit matin, de son parfum! Du labeur et de la loyauté de la fourmi! Je m'émeus devant la mer, son immensité, sa profondeur. J'aime les fêtes au château. J'aime regarder Lancelot combattre. Sa concentration et son petit sourire alors qu'il semble danser et s'amuser au lieu de pourfendre ses ennemis!

Je n'aime pas avoir froid et me sentir seule. J'aime boire un chaud breuvage devant l'âtre avec mon frère ou avec un amant.

Je te salue aussi, Élise, mon amie. Puisses-tu t'arrêter et sourire avec une fourmi ou un papillon, au milieu de ton monde qui pleure de ne plus les voir.

Blessed be,

Morgane, dite la fée