Neurologie |
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| Ce que nous évoquions tous deux lorsque nous en parlions
aux autres, c'était ceci: il faut un super prédateur à toutes
chaînes de prédateurs et il faut une conscience nette de la justice
pour équilibrer un système aussi délicat, aussi fragile et aussi
chaotique qu'une écologie artificielle et humanisée. Pour choisir sans
arrêt entre le bien et le mal en élaborant des hybrides de plus en plus
complexes de bien et de mal, comme autant de molécules chargées de
répandre le virus de la conscience. Les chamanes amérindiens, sibériens
ou africains s'approchent eux-aussi de l'unité du Divin grâce à
des substances hallucinogènes et des rites psycho-magiques, nous étions
persuadé que cela leur avait permis d'accéder à d'autres dimensions
de la conscience, expérimentant les états limites qui nous restaient
encore barrés et qui soulevaient toujours la même question: 1) le cerveau humain est une interface neurologique, 2) pour se brancher sur quoi? Nous commencions à envisager que les phénomènes religieux recouvraient en fait les diverses tentatives que lancait l'esprit humain pour retrouver son état unitaire primordial. La neuromatrice nous contempla nerfs féroces sur son long visage. Nous avons tous compris à quel point cette machine était vivante et diaboliquement intelligente: comme nous tous elle connaissait cet appétit de nouveauté, de connaissance, le même qui pousse le serial killer et le scientifique de pointe. Le plus commun des humains le connaît, il nous force à courir le monde, à vouloir multiplier les expériences et pour la neuromatrice, immobilisée dans son squelette de silicium et de carbone, cette quête du pouvoir, cet instant de prédation était entièrement tourné vers l'esprit, la connaissance pure, c'était son truc à elle, elle adorait ça... |