Le feu
       
       
         
         

jpberthold@hotmail.com

      Monsieur Morrison,

J'ai beaucoup de considération pour votre démarche et toute l'audace que vous y avez investie. Depuis toujours, vous avez eu un rapport étroit, presque incestueux, avec la mort. Mais c'est une route qui nous consume vite. D'où, je présume, votre ermitage à Paris.

Comment anticipez-vous la suite des choses? Qu'avez-vous envie de créer? J'aimerais savoir où on se situe après avoir traversé cette porte.

Merci infiniment,

Jean-Philippe

 

       
         

Jim Morrison

      Jean-Philippe,

Je suis venu à Paris pour enfin redevenir moi-même, sans personne pour me pourchasser et transformer ma vie en cirque. Et pour être enfin libre, libre d'écrire tout en respirant le même air que Rimbaud, Céline, Artaud et Baudelaire. J'ai en tête une autobiographie, ou alors un essai sur le procès de Miami, et peut-être un opéra. Mais en tête seulement... les mots sont beaucoup plus rétifs que prévu, même à Paris.

Il me reste encore bien des portes à ouvrir. Mais ne me croyez pas obnubilé par la mort. C'est la vie qui m'intéresse, la vie dans ses conséquences les plus radicales. Passer de l'autre côté, atteindre le territoire au-delà du bien et du mal... peut-être ai-je courtisé la mort, mais ce fut toujours pour repousser les limites de la vie, pour aller au bout de l'expérience.

Insensé Est l'homme en quête de paradis perdu Pour ceux qui n'ont jamais cherché l'autre monde.

James Douglas Morrison