Ayane et Emma
écrivent à

   


Marquise de Montespan

     
   

Votre ressenti
(Projet scolaire 4°F)

   

Chère Madame de Montespan,

Nous vous faisons parvenir cette lettre car nous avons pris connaissance de votre histoire. La vie au château est-elle paisible?

Quels sentiments avez-vous éprouvés quand le roi vous a choisie? Pensiez-vous que vous étiez comme l'objet de Louis XIV? Nous savons que vous appartenez à l'une des plus anciennes familles de la noblesse française, est-ce pour cela que Louis XIV vous a choisie? Nous savons aussi que vous avez eu huit enfants qui ont été élevés par une gouvernante. Vous sentiez-vous comme une mère pour vos enfants?

Dans vos mémoires, vous semblez être soulagée et à la fois énervée de ne pas avoir été mêlée aux secrets d’État. Est-ce pour cela  que vous avez organisé l’empoisonnement d’une de vos rivales, Marie Angélique de Fontanges, lorsque vous avez été ignorée par le roi? Pourquoi êtes-vous restée à la cour après cette histoire?

Nous vous prions d'agréer, Madame de Montespan, nos sincères salutations, 

Ayane et Emma


Mesdemoiselles,

Il y a bien longtems que j'ay quitté la cour de Versailles. Depuys le décès de ma soeur, Marie-Madeleine, je demeure au château d'Oiron. Dès que j'en ay l'occasion, je m'informe sur le devenir des personnes que je recueille au couvent de Saint-Joseph, à Paris.

On ne peut qu'estre flattée d'estre distinguée par Sa Majesté. Louis aimoit ma conversation, mon esprit franc et quelque peu piquant, un brin moqueur. En cela je me distinguois de Mademoiselle de La Vallière, qui n'aimoit pas s'afficher avec le Roy. Il est esgalement vray que j'appartiens à une ancienne famille de la noblesse et qu'en cela j'estois digne de Sa Majesté.

J'ay donné sept enfants à Sa Majesté, qui ont esté élevés par Madame Scarron, à l’exception des deux plus jeunes. En effet, lorsque je mis au monde Mademoiselle de Blois en 1677, la gouvernante de mes enfans, devenue Madame de Maintenon, refusa de prendre soin d'elle, comme elle l'avoit fait pour mes aisnés. Ainsy, ma plus jeune fille et le comte de Toulouse, né en 1678, ont esté élevés par d'autres personnes de confiance. De ce fait, j'ay pu nouer un lien  plus fort avec Louis Alexandre qu'avec son frère aisné, le duc du Maine, qui n'a jamais caché son affection envers Madame de Maintenon, et ce à mon détriment. Dès que j'avois l'occasion de passer du tems avec mes enfans, je profitois de leur présence. Il n'y avoit, hélas, pas uniquement des moments de joie car je devois soigner mon petit comte de Vexin, qui estoit en mauvaise santé depuys sa naissance. Sa disparition, en 1683, me causa un profond chagrin.

Comme je l'ay dit précédemment, je n'ay point escrit mes Mémoires. Aussy, ce que vous avez lu à propos de politique et d'empoisonnement de la duchesse de Fontanges est faux. La politique ne m'a jamais intéressée. D'ailleurs, Sa Majesté n'a jamais permis à la Reyne d'assister à son Conseil, et en a mesme escarté sa mère, Anne d'Autriche, à la mort du cardinal de Mazarin. J'estois bien plus attirée par le théâtre, les ballets et l'architecture.

Quant à Mademoiselle de Fontanges, elle n'estoit plus la favorite du Roy depuys plusieurs mois lorsqu'elle est passée de vie à trépas. Dès lors pourquoi aurait-on voulu l'empoisonner, Sa Majesté s'étant détournée d'elle? En effet, Mademoiselle de Fontanges ne s'est point remise de son accouchement et le Roy n'aime point les femmes malades. Contrainte de garder le lit, Mademoiselle de Fontanges a vu le Roy la délaisser, pour suivre les conseils de Madame de Maintenon, qui souhaitoit alors que Louis devint un espoux exemplaire pour la Reyne.

Je suys demeurée à la cour en tant que surintendante de la Maison de la Reyne. Après sa mort, en juillet 1683, je restois à Versailles jusqu'en 1691 pour estre près de mes deux plus jeunes enfans, Mademoiselle de Blois et le comte de Toulouse.

Je vous donne le bonjour,

Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart
Marquise de Montespan