Nolann, Tanguy et Axel
écrivent à

   


Marquise de Montespan

     
   

Votre rapport à la politique
(Projet scolaire 4°C)

   

Madame la Marquise,

Nous avons lu vos Mémoires, nous savons que vous appréciez la politique. Mais nous savons que cela vous a parfois sauvé la mise de ne pas souvent participer aux affaires du Royaume. Que faisiez-vous de vos journées quand Louis XIV n’était pas en votre compagnie? Qu’auriez-vous aimé faire dans la politique: gérer le royaume, gérer les finances? Avez-vous été heureuse d’être choisie par le roi? Quand est-ce que le roi vous donnait la permission d’intervenir dans les affaires politiques? 

Nous savons aussi que vous n’aviez pas beaucoup d’affinités avec la duchesse de Fontanges; c’est donc pour cette raison vous avez essayé de la tuer.

Avec tout le respect que l’on vous doit, nous vous prions de répondre à nos questions.

Vos très chers serviteurs,

Nolann, Tanguy, Axel


Messieurs,

Tout d'abord, sachez que je n'ay point escrit mes Mémoires. Aussy, votre lettre me surprend beaucoup.

Pour vous respondre, le Roy n'a jamais permis à l'une des ses maitresses d’interférer dans les affaires du royaume. Mesme la Reyne en estoit écartée. Aussy, lorsque Sa Majesté me rendoit visite, nous parlions théâtre, ballets, comédies, ainsy que de nos enfans. Mais il ne m'a jamais entretenue de politique.

La duchesse de Fontanges n'estoit pas assez forte pour se maintenir dans une cour dont elle ne connaissoit point les rouages. Elle estoit fort jeune et jolie et pensoit, naïvement, pouvoir retenir Sa Majesté avec ses atouts. Mais le Roy se lassoit vite de ses conquestes qui ne savoient point le distraire et Mademoiselle de Fontanges avoit la réputation d'être «belle comme un ange, mais sotte comme un panier».

Vous me blessez en insinuant que j'ay tenté de faire empoisonner Mademoiselle de Fontanges. Une Rochechouart de Mortemart ne s'abaisse point à cela. La duchesse de Fontanges a esté «blessée au service du Roy» et ne s'en est jamais remise. Fragile par nature, elle n'a point su conjuguer sa vie à la cour avec sa grossesse et ne s'est jamais rétablie de son accouchement.

Je vous donne le bonjour,

Françoise de Rochechouart de Mortemart
Marquise de Montespan