Solène, Noémie et Laure
écrivent à

   


Marquise de Montespan

     
   

Rupture
(Projet scolaire 4°F)

   

Chère Madame de Montespan,

Nous avons quelques questions pour vous: qu'avez-vous ressenti lorsque Louis XIV a rompu et quelle a été votre réaction? Nous avons beaucoup de peine pour vous. Cela n’a pas dû être facile ni pour vous ni pour vos enfants! Cela ne vous a pas dérangée d’habiter à la cour, après? Quelle est votre situation aujourd’hui?

Nous avons entendu que vous avez fait une tentative d’empoisonnement, pour une raison de vengeance, et cela nous a déçues. L’empoisonnement est-il bien ou mal pour vous? Nous sommes désolées de ce que vous venez de lire mais, au moins, cela est franc.

Maintenant, nous savons votre histoire, et nous sommes très heureuses d’avoir travaillé sur votre vie.

Merci de nous répondre,

Solène, Noémie, Laure


Mesdemoiselles,

Je ne sçais ce que vous avez lu au sujet de la mort de la duchesse de Fontanges mais vous me blessez en insinuant que je suys à l'origine de son trépas. Quel intérêt aurais-je eu à faire empoisonner cette pauvre Mademoiselle de Fontanges, que le Roy ne regardoit plus depuys près d'un an lorsqu'elle décéda? Depuys son accouchement, Mademoiselle de Fontanges estoit constamment malade et n'amusoit plus Sa Majesté. Il se murmuroit qu'elle s'estoit «blessée au service du Roy». Lorsqu'elle obtint le titre du duchesse, toute la cour y vit le signe d'une disgrâce, Sa Majesté ayant l'habitude d'offrir des titres à ses maîtresses avant de s'en défaire. Mademoiselle de La Vallière avoit eu droit à la mesme faveur.

Si le Roy s'est détourné de moy, c'est qu'il s'est rapproché, au fil des années, de l'ancienne gouvernante de mes enfans, Madame Scarron, qu'il a faite marquise de Maintenon. Françoise Scarron l'a convaincu des dangers auxquels son âme s'exposoit à avoir pour maîtresse une femme mariée. Sa Majesté se détourna de moy asprès la naissance du comte de Toulouse, en 1678. Mais Madame de Maintenon ne m'a pas pris uniquement l'amour du Roy. Elle m'a aussy privée de l'affection de mon fils aisné, le duc du Maine, qui a tousjours considéré sa gouvernante comme sa mère. Il est très vite devenu son «mignon» et il n'a pas caché sa joie lorsque j'ay quitté Versailles en 1691. Je ne l'ay plus revu depuys.

Après mon départ de la cour, j'ay rejoints ma soeur, Marie-Madeleine, à Fontevrault où elle estoit abbesse. Je me suys occupée des plus démunis en les recueillant au couvent de Saint-Joseph, à Paris. J'ay esgalement acquis le chateau d'Oiron où je me suys installée à la mort de ma chère soeur, en 1704.

Salutations,

Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart
Marquise de Montespan