Angélique
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   


Le marquis de Montespan
 

    Très chère marquise de Montespan,

Je souhaitais simplement faire preuve d'un peu d'indiscrétion concernant votre mari, le marquis de Montespan. Lui, qui vous a aimée jusqu'à son dernier souffle, pourquoi ne pas être retournée à ses côtés? Vous l'aimiez, pourtant!

Vos enfants légitimes, en outre, ont terriblement souffert de votre absence. Le regrettez-vous aujourd'hui?

Bien à vous, chère Athénaïs,

Angélique

Madame,
 
Je regrette aujourd'hui de m'estre mariée si tost avec le marquis de Montespan. Nous souffrions tous deux d'une mesme peine et cela nous a rapproché. Nous avons cru pouvoir estre heureux mais nous estions bien trop différents. Les sentiments que j'ay pu nourrir pour Henry ne sont en rien comparables avec ceux que j'eus pour le roy.
 
Une fois ma faveur royale terminée, j'ay senti qu'il estoit de mon devoir de me raccommoder avec mon espoux. L'Église me conforta dans ce sentiment. J'ay escrit à Henry pour lui proposer de reprendre une vie commune mais il a refusé. Dès lors, je me suis effacée.
 
Mes enfans légitimes m'ont manqué lorsque le marquis a décidé de s'en retourner avec eux sur ses terres sans que je puisse les voir. Il leur a mesme fait croire que leur mère estoit morte. Lorsque je me séparois de mon espoux en 1674, je refusois de reprendre une forte somme d'argent qui me revenoit afin qu'il puisse pourvoir aux besoins de nos enfans. Que pouvois-je faire de plus? Sur nos enfans, il avoit tous les droits.

À bientost,

Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart,

Marquise de Montespan