Lénie, Lya et Clélia
écrivent à

   


Marquise de Montespan

     
   

Le destin d'une favorite royale
(Projet scolaire 4°B)

   

Bonjour Madame la Marquise,

Nous nous interrogeons sur votre vie à la cour de Louis XIV. Cela nous a impressionnées que vous ayez été la maîtresse favorite de Louis XIV.  Pourtant, vous étiez mariée et vous avez eu un enfant avec votre époux. Nous nous étonnons aussi que vous ayez eu plus d’enfants avec Louis XIV qu’avec le marquis de Montespan. Nous nous demandons pourquoi vous avez été obligée de vivre une relation avec le Roi de France. Cela ne devait pas être facile de quitter votre mari et d’avoir sept enfants avec Louis XIV.

Votre histoire nous a beaucoup intéressées.

Veuillez agréer, Madame la Marquise, toutes nos salutations distinguées,
            
Lénie, Lya et Clélia


Mesdemoiselles,

J'estois effectivement mariée lorsque je devins la maîtresse de Sa Majesté. Afin que mon espoux et la cour ignorent notre relation, le Roy n'éloigna point Mademoiselle de La Vallière, qui restoit, aux yeux du monde, sa favorite.

Je ne voulois tout d'abord point de la place de maîtresse royale. Ce rôle estoit parfait pour une demoiselle de La Vallière; moi, je ne voulois régner que sur l'esprit de Sa Majesté, en le divertissant grâce à l'esprit Mortemart. Cependant, j'ay été vaincue par l'amour qui m'entrainoit là où je m'estois promis de ne jamais aller. En effet, avant de devenir la maîtresse du Roy, j'ay demandé au marquis de Montespan de m’emmener avec luy sur ses terres. Celuy-cy ayant refusé, j'ay fini par succomber au charme de Sa Majesté ainsy qu'à sa cour empressée.

Dès lors, je vivois séparée de mon espoux qui se vengea en faisant courir le bruit que j'estois morte. Deux enfans sont nés de notre union: Marie-Christine, en 1663, et Louis Antoine, en 1665. Je n'ay connu que fort peu ma fille, qui a esté élevée par la mère de mon espoux, la marquise d'Antin. Elle est décédée loin de moy, en 1675, se croyant sans doute orpheline de mère. Je revis mon fils lorsqu'il estoit un jeune homme, promis à une belle carrière militaire.

Lorsque je me découvris grosse du Roy en 1668, j'ay tremblé à l'idée que le marquis de Montespan ne veuille m'enlever cet enfant, comme il en avoit le droit, estant mon espoux légitime. J'ay dû cacher mon estat et accoucher dans le secret. Ce fut ainsy jusqu'à ce que Sa Majesté trouve le moyen de reconnaistre nos enfans, en décembre 1673.

J'espère avoir respondu à vos attentes.

Salutations,

Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart
Marquise de Montespan