Jean-Pierre
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

La marquise du Rougé du Plessis-Bellière

    Madame

Je lis avec surprise que vous semblez ignorer le marquis du Rougé du Plessis-Bellière (Jacques) capitaine des armées du Roi.

Peut-être vous souvenez-vous mieux de sa veuve, la marquise du Plessis-Bellière (née Suzanne de Bruc). Elle est l'un des personnages décrits dans «la Clélie» (sous un pseudonyme) et elle a tenu salon près de Paris à Charenton jusqu'en 1661. De très nombreuses personnalités de votre époque s'y rendaient ainsi qu'à Saint-Mandé.

À cette date, le Roi décida de son arrestation pour son implication dans les «affaires de l'infortuné» Nicolas Fouquet dont elle était l'amie et la confidente (réception de Vaux). Enfermée à Montbrison pendant de nombreuses années elle fut finalement autorisée à rejoindre son domicile pour raisons de santé et elle y mourut à l'âge de cent ans.

Ses enfants et petits-enfants ont servi la France avec honneur et sa propre fille (Catherine) était à votre époque l'épouse du maréchal de Créquy.

Monsieur,
 
Comment pourrois-je me souvenir d'un homme decedé alors que j'estois une enfant ? Quant à sa veuve, Suzanne du Plessis-Bellière, elle a en effet frequenté les salons de Mesdames de la Fayette et de Scudéry et contribué à leur essor. Cependant, elle ne fit point partie de mes amies proches. Je plains d'ailleurs la marquise du Plessis-Bellière qui, du fait de sa longue vie, a vu mourir ses trois fils, quatre de ses petits-fils et trois arrière-petite-filles ! C'est de par les actions qu'elle mena ainsi que de par sa longévité qu'elle fit parler d'elle. Née en 1599 et decedée en 1705, la marquise pouvoit se vanter d'avoir connu le règne de trois Roys de France!
 
Au plaisir,

Françoise de Rochechouart de Mortemart,
Marquise de Montespan