Racine
       
       
         
         

Anke.Wortmann@gmx.de

      Cher Monsieur,

Je suis bien aise d'avoir trouvé votre adresse électronique, car il y a une question qui m'intrigue depuis assez longtemps: Qu'est-ce que vous avez pensé au juste, quand ce jeune ambitieux de Racine, pas beaucoup plus d'un débutant comme auteur de théâtre, a donné son "Alexandre" à l'Hôtel de Bourgogne, moins de quinze jours après la première au Palais-Royal? Vous avez bien monté "La folle querelle" de votre collègue Subligny, pour vous venger, mais c'était bien plus tard.

Votre très humble, très obéissante et très obligée lectrice,

Anke Wortmann

 

       

 

       

Molière

      On ne peut pas nier que Racine fut un grand écrivain. Or l'ambition régnait en lui comme chez la plupart des jeunes gens, et cela rend parfois aveugle aux devoirs de l'honnêteté. Je voulais l'obliger en faisant jouer ses pièces au Palais-Royal, mais il abusa de ma générosité et se trouva alors à l'écart de la communauté théâtrale. Voilà pourquoi il dut attendre plus d'un an avant de voir sa prochaine tragédie mise à la scène et par conséquent, voilà ce qui différa la critique de Subligny. Mais ce fut une pièce sans rancune: nous savions, tout comme Madame de Sévigné, que Racine passerait comme le café.

J.B.P. de Molière