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Quel est le nom des deux femmes que vous avez aimées ?
Monsieur,
La rumeur populaire m'attribue plus d'amourettes que je n'en eus en
réalité: certains prétendent que je fus amoureux
de toutes les comédiennes de ma troupe, que j'aurais
courtisé Mademoiselle du Parc et que, m'en voyant rejeté,
j'aurais cherché et obtenu l'affection de Mademoiselle de
Brie... Cela n'est que le fruit d'une méchante rumeur qui court
dans notre temps et qui veut les comédiens soient tous
dépravés. Pour moi, qui défends l'honneur du
théâtre, ce sont des calomnies abominables.
On parle encore souvent de feue ma chère amie Madeleine
Béjart qui était une voisine de mon quartier et avec qui
je fondai ma première troupe. Un certain Tallemant fit courir le
bruit dans Paris que j'en fus amoureux et que c'est la raison pour
laquelle je pris le parti de monter sur scène avec elle et ses
frères. Mais Madeleine était déjà une
comédienne renommée et c'est l'admiration et non autre
chose qui me fit m'attacher à la suivre.
De sorte, Monsieur, que la décence commande de vous
répondre que je n'ai jamais aimé que celle qui est
devenue mon épouse, Mademoiselle Armande Béjart.
Votre Serviteur,
J.-B. P. de Molière
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