Et le roi? |
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| Cher Molière, Vous avez moqué pour notre plus grande joie, les bourgeois, les gentilshommes, les précieuses, les avares de votre époque (Aujourd'hui, on parlerait plus crûment des bourges, des snobs, des cons et des radins!), vous avez vilipendé les misanthropes et le corps médical et vos comédies sont toujours d'actualité! Mais vous avez toujours évité soigneusement de critiquer un personnage. Alors, à présent qu'il y a prescription. Que pensiez-vous vraiment du Roi Louis le Quatorzième? Je vous promets que votre réponse restera entre nous? Nicole |
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| Madame, Il faut avant tout reconnaître le soutien que le roi eût la bonté de m'accorder lors de périodes de ma vie les plus difficiles; lorsqu'on m'accusait de toutes sortes de bassesse, ou quand on essayait à maintes reprises de supprimer mes pièces. Sans lui, qu'est-ce que j'aurais été? S'il y avait à me plaindre, ce serait peut-être parce qu'un roi veut des plaisirs qui ne se fassent point attendre: «La Princesse d'Elide» et «L'Impromptu de Versailles» ne furent pas les seules pièces que je dus finir avec empressement, et l'on m'exigea le sujet des «Amants magnifiques». Or comme je l'ai déjà dit, il vallait mieux s'acquitter mal de ce que le roi me demandait que de ne s'en acquitter pas assez tôt. Cependant, si je ne le critiquais jamais, c'est parce qu'en matière de raillerie comme en toute chose d'ailleurs, le roi n'est pas un sujet. Molière |