Don Juan (2)
       
       
         
         

hobo.mike@free.fr

      Cher Jean-Baptiste,

Dans mon jeune âge, le systême scolaire français de l'époque m'a imposé l'étude de votre oeuvre ce qui aurait pu m'en dégoûter à jamais, toutefois je me suis vite rendu compte qu'au-delà du «classique imposé», c'est la vie même que je retrouvais dans votre théâtre et dans les personnages éternels dont vous l'avez peuplé.

Mon texte préféré est votre «Don Juan», qui même pour notre époque qui se veut libérée, garde tout son caractère insolent et subversif; je cite de mémoire ces quelques exemples:

«je crois que 2 et 2 sont 4»;

«je te donne cette pièce pour l'amour de l'humanité» (scène du mendiant);

«voilà ton raisonnement par terre» (scène dans laquelle Sganarelle chute en tentant de faire admettre à son maître l'existence de Dieu);

«mes gages!, mes gages !» (après la scène, plutôt dramatique, où Don Juan est précipité dans la géhenne).

Dans votre pièce, vous punissez certes Don Juan, mais l'on sent que vous le faites à regret, car dans ce drame seul l'athée Don Juan apparaît comme un personnage courageux, soutenant ses opinions même jusqu'à sa perte, finalement sympathique en dépit de son attitude envers les femmes, alors que «les partisans de la foi» sont hypocrites, «pétochard», voire bornés.

Donc, cher Molière, souteniez-vous dans cette pièce le rationalisme contre la Foi? Était-ce un brûlot contre la pensée religieuse dominante de votre époque? Enfin, vous personnellement, comment voyez-vous le personnage de Don Juan, exprime-t-il entièrement votre pensée à propos de la religion?

Merci de votre réponse.

Amicalement,

Michel

P.S.: Il est malheureux que le compositeur Mozart, dont vous avez sans doute entendu parler, n'ait pas utilisé votre texte comme livret de son opéra, quel chef-d'oeuvre on aurait eu!!! Vous devriez me comprendre, vous qui n'avez pas hésité à introduire la musique, le chant et la danse dans bon nombre de vos pièces.