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Jocelyn Jarvis
écrit à
Meursault
Meursault


Questions sur les pensées de Meursault


    Sachant que vous êtes un personnage motivé par les choses matérielles, nous pouvons déterminer que vous avez tué l'Arabe sur la plage à cause du soleil. En considérant que vous avez peut-être tiré sans en être conscient, je me demande à quoi vous pensiez au moment où vous avez tiré sur l’Arabe. 

Je voudrais aussi savoir pourquoi vous avez tiré quatre fois.

Jocelyn Jarvis

Monsieur Jarvis,

Il est vrai que la chaleur et le soleil y sont pour quelque chose si j’ai tiré sur l’Arabe. Mais ce n’est pas tout. J’y ai souvent réfléchi, le soir, dans ma cellule, quand je ne trouvais pas le sommeil. Il y a plusieurs choses. L’altercation qu’il y avait eu avant. Le soleil sur son couteau. Le fait que j’avais un revolver dans ma poche, aussi. Ça aussi, c’est une circonstance. C’est tout ça ensemble, en fait, mais pour un juge et un jury, ce n’est pas une explication. Il faut un motif. Les autres coups de revolver ont d’ailleurs tout clarifié. Ils sont devenus le motif, ou du moins la preuve qu’il y en avait un.

Le premier coup, c’est une circonstance. Les autres, c’est une sorte de réflexe. En fait, c’est un peu sur moi que j’ai tiré ces autres coups. Je venais de réaliser que quelque chose d’ennuyeux venait de se produire. J’étais en colère contre ce geste que j’avais posé sans raison véritable. Je n ’ai pas vraiment tiré sur l’Arabe. J’ai tiré sur ce que je venais de faire.

Meursault
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