Paul Auster |
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| Monsieur Meursault, Étant donné que vous passez vos journées sur votre grabat de cellule à regarder soit les murs ou le plafond ou encore à rêvasser, par les barreaux de votre meurtrière, sur le ciel d'Alger; je vous crois tout indiqué pour nous donner une réflexion sur ce fragment magnifique de l'écrivain Paul Auster. «Le monde est dans ma tête, mon corps est dans le monde». Merci! Sarah Romanin |
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| Madame Romanin, Je ne connais pas ce monsieur Auster dont vous parlez. Mais je trouve cette phrase bien étrange. Jâai souvent pensé quâau contraire le monde était partout sauf dans notre tête. Et que finalement nous étions toujours un peu dépendants de ce monde. Parfois même victimes. Que nous ne pouvions pas y faire très facilement ce quâon aurait envie dây faire. Il y a comme des balises, et même des juges un peu partout. Qui font quâon est toujours coupable de quelque chose. Mais peut-être aussi ce monsieur voulait-il dire quâil valait mieux se faire un monde à soi, dans sa tête. Il faudrait lui demander de préciser. Remarquez que ça ne changerait rien à mon avis. Car je ne vois pas en quoi se fabriquer un monde pourrait changer quelque chose. Je ne peux pas me baigner dans ma tête et sentir la même fatigue, la même plénitude. La deuxième partie de cette phrase est beaucoup plus compréhensible. Mais dans un sens elle ne veut rien dire. Meursault |