Susanne
écrit à

Meursault
Cher Meursault, Dans une lettre précédente, vous avez approuvé l’affirmation du fait que vous n'êtes plus libre car vous n’avez plus le droit de décider vous-même ce que vous allez faire désormais. Vous vous voyez comme un condamné à mort et donc comme une personne qui est déterminée par autrui (ce qui semble ne plus vous déranger). Est-ce que vous avez jamais lu quelque chose de l’écrivain allemand Schiller? Ou bien est-ce que vous connaissez sa conception au sujet de la liberté? Une de ses œuvres classiques, intitulée «Maria Stuart», s’occupe profondément de la question de savoir à partir de quel point on se libère des circonstances terrestres et on développe une liberté mentale. En référence à cette question, est-ce que vous diriez que vous sentez parfois une liberté pareille? Au-delà, Schiller défend l’opinion que l’individu doit, à force de sa volonté libre, s’engager pour la société. Cela est bien un aspect crucial dans les œuvres de votre «créateur» Camus -même si vous insistez sur le fait que vous n'avez rien à voir avec lui. Quel est votre point ce vue en ce qui concerne l’engagement individuel au profit d’autrui? Je vous remercie d’avance pour une réponse en espérant que les jours en prison ne sont pas trop fatigants... Mes salutations distinguées d’Allemagne, Susanne |