Retour en page d'accueil de Dialogus

Lisa
écrit à
Meursault
Meursault


La mort de l'arabe


   

Cher Meursault,

Je m'appelle Lisa et j'ai appris beaucoup de votre histoire dans L'étranger. Mais j'ai aussi des questions à cause de la mort de l'Arabe.

Pourquoi est-ce que vous ne vous êtes pas avoué à vous-même que vous aviez fait une faute de céder sur la gâchette parce que vous avez eu peur de cet homme? Et pourquoi est-ce que vous avez tiré quatre fois sur le corps de l'Arabe et pas seulement une fois? Quels sentiments est-ce que vous avez eus à ce moment-là? De la honte ou de l'agressivité? Avez-vous pensé à quelque chose pendant l'action?

J'aimerais bien que vous puissiez me donner des réponses à ces questions.

Je vous remercie d'avance,

Lisa


Bonjour mademoiselle Lisa,

J’ai commis une faute en tirant sur l’Arabe. Je le sais et je ne l’ai jamais nié. D’ailleurs, tout de suite après avoir tiré le premier coup, j’ai compris que je venais de faire quelque chose que je n’aurais pas dû faire et que ça ne ferait que m’attirer des ennuis. On ne peut pas tuer quelqu’un sans briser quelque chose. C’est un peu pour cette raison, aussi, que j’ai tiré de nouveau. J’étais en colère contre moi-même. Il fallait que j’exprime cette colère. J’ai tiré à nouveau, comme d’autres frapperaient le mur juste à côté d’eux. Sur la plage, il n’y avait pas de mur.

En revanche, que vous dire que j’ai ressenti de la honte serait un mensonge. De quoi aurais-je eu honte? J’ai fait une chose que je n’aurais pas dû faire, à un moment où tout s’est passé très vite. Je ne vois pas pourquoi il faudrait avoir honte de quelque chose que l’on fait un peu machinalement, par réflexe, sans y avoir vraiment réfléchi.

Meursault
************************Fin de page************************