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écrit à

   


Meursault

     
   

De tout coeur avec vous

    Bonjour Monsieur Meursault,

Aujourd'hui, je vous écris pour vous dire que je suis de tout coeur avec vous. «L'indifférence», à cause de laquelle on vous a condamné, je la comprends, car bien souvent je la ressens en mon être vis-à-vis des obstacles qui encombrent ma route. Ne pensez-vous pas qu'elle aide à se préserver des conséquences parfois négatives des émotions qui peuvent nous envahir, ou est-ce plutôt inné chez vous?

Comment peut-on expliquer à des tiers que la mort ou les évènements peuvent ne pas toucher? Je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, je voulais vous faire part de mon soutien et de mon amitié.

Florence


Florence,

Je n'ai pas choisi de ressentir cette «indifférence» dont vous me parlez. D'ailleurs, c'est toujours un peu énervant de se voir qualifié d'indifférent au sens large. Comme si j'étais indifférent à tout, et tout le temps. Je ne suis pas indifférent aux bains de mer. Ni à la chaleur du soleil. Je ne suis pas sensible aux mêmes choses que les autres, tout simplement. C'est du moins ce que j'ai cru comprendre.

Est-ce que j'en tire une sorte de protection? Ça ne m'aura pas mis à l'abri de la justice en tout cas. Il faut choisir ses indifférences, semble-t-il. Il y a les indifférences collectives, qui sont permises, et puis les autres.

Je vous remercie pour votre amitié.

Meursault


Pardonnez-moi si je vous ai blessé en vous parlant d'indifférence, ce n'était pas ma volonté. D'ailleurs, mes remarques n'avaient pas beaucoup de sens...

Vous avez bien raison en parlant des indifférences qui sont permises et d'autres qui ne le sont pas.

Bien à vous

Florence