Après le cinquième coup de gâchette? |
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| Monsieur Meursault, Que s'est-il passé après le 5e coup de gâchette jusqu'au moment de votre arrestation? Avez-vous tiré les 4 autres balles par révolte métaphysique? Je veux dire par là pour sceller dans l'absurbe, l'absurbe du meurtre. Fabrice Verzières |
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| Monsieur Verzières, Cette question, on me l'a posée cent fois. De toutes les façons. Mais vous ne pouvez pas savoir alors je vous répondrai quand même. D'ailleurs je ne vois pas pourquoi je ne vous répondrais pas. Le premier coup de revolver est parti comme ça, sans raison. Il faisait chaud. Il faut dire que ça m'énervait, cette situation ridicule où il y avait un Arabe qui voulait faire des ennuis à Raymond pour une histoire qui ne me concernait pas. Je voulais simplement me promener sur la plage pour profiter du soleil et de ma fin de semaine. J'aurais voulu que cette histoire se déroule ailleurs, ou une journée où je ne serais pas là. Ça ne me concernait pas. Quant aux autres coups de revolver, ils sont aussi partis sans raison. Et d'ailleurs ça n'avait plus d'importance. Un coup, ou trois, ou cinq, c'est finalement la même chose. C'est le premier qui brise tout. Après, ça ne change plus rien. On m'a souvent demandé combien il s'était passé de temps entre le premier coup et les autres. Je ne sais pas. Je sais seulement que j'ai tiré tous les autres coups les uns à la suite des autres. Un peu machinalement. Et que ce n'est pas par «révolte métaphysique», comme vous dites. Je sais qu'il existe des gens qui tuent pour des idées. C'est ce que le procureur a dit au jury. Que mon geste signifiait clairement l'idée que je n'avais pas de respect pour la vie. Ou quelque chose comme ça. Mais ce n'est pas ça. La révolte métaphysique dont vous parlez intéresserait probablement l'aumônier, qui voulait que je me préoccupe comme lui de la vie après la mort. Mais moi, ces choses-là ne me préoccupent pas vraiment. Pas plus que de savoir combien de temps s'est écoulé entre le premier et le deuxième coup de revolver, ou entre le deuxième et le troisième. Ça n'a pas vraiment d'importance. Pour ce qui est de savoir ce qui s'est passé entre le meurtre et mon arrestation, je ne me souviens plus très bien et ça non plus ça n'a pas d'importance. Je me souviens être revenu au petit cabanon de Masson, puis avoir attendu l'arrivée des policiers. Il faisait chaud et j'aurais voulu retourner nager. Mais Raymond m'a dit qu'il était préférable que j'attende l'arrivée de la police. Marie était aussi de cet avis et c'est ce que j'ai fait. Après j'ai regretté ne pas être allé nager parce qu'il est évident qu'une fois que les policiers seraient arrivés, ils ne me laisseraient pas y retourner. Meursault |