Bonjour Élodie,
Je n'ai jamais été très
confortable avec les classifications. Je le suis moins encore avec celles que
vous proposez, d'ailleurs. Pour être un héros, il faut faire quelque chose
d'héroïque. Or, j'ai tué un Arabe. Je ne crois pas que ce soit très héroïque.
Cette histoire m'a fait un peu de publicité, bien malgré moi, mais je n'ai rien
d'une personne digne d'admiration.
Votre seconde thèse, ou du moins celle
de votre professeur, me semble un peu plus argumentable. S'il est vrai qu'un
anti-héros est une personne qui n'a aucune des qualités que nous attribuons
normalement à un héros, je veux bien en être. Par contre, me qualifier
d'anti-héros «de la vérité», c'est plutôt curieux. Je ne mourrai pas pour mes
convictions personnelles. Je mourrai parce que j'ai tué un Arabe. Mes
convictions ne sont pas qu'il faut tuer les Arabes.
Du reste, la plupart
des héros et des anti-héros sont dans les romans. Pas dans les
prisons.
Meursault
