Admiration |
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| Bonjour M.Meursault, Je prends quelques minutes de votre temps précieux pour vous dire que j'ai lu beaucoup de documents sur vous et je vous admire énormément. Je me demandais comment vous avez pu écouter le procureur parler de vous comme étant la plaie du monde entier et surtout pourquoi n'avez-vous pas fait d'objection. Je sais qu'au fond de vous le meurtre de l'arabe ne vous concerne pas, mais la peine de mort vous concerne. Est-ce que vous éprouvez de la haine pour Raymond, plus ou moins responsable de votre sort? Est-ce qu'après tout ça vous aimez encore le soleil? Quelle place a-t-il maintenant dans votre vie mise à part la possibilité de le regarder par la fenêtre? J'admire votre honnêteté, et malgré toutes les critiques vous trouvant lâche, je crois au contraire que vous n'avez rien lâché et que vous êtes resté fidèle à vous-même. Vous êtes un homme de coeur tout à fait remarquable! Dominique Nadeau |
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| Mademoiselle Nadeau, Je vous remercie pour votre lettre. Je ne sais toutefois quoi vous répondre. Je ne suis pas un homme de coeur comme vous dites. Mais peut-être que je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire. J'aurais pu m'objecter mais j'avais un avocat pour me défendre. Je me suis dit qu'il savait ce qu'il faisait, que c'était à lui de le faire, et que je devais sans doute lui faire confiance. C'est en tout cas ce qu'il m'a dit et j'ai trouvé que c'était raisonnable. D'ailleurs il avait l'air de prendre mon affaire à coeur. Je n'ai pas tout compris de sa défense mais je ne suis pas avocat. Je ne suis pas certain non plus que m'objecter eut changé quelque chose. J'ai compris, après le jugement, qu'il fallait que je sois condamné. Je n'ai aucune raison d'éprouver de haine pour Raymond. Ce n'est pas sa faute. Pour ce qui est du soleil, c'est vrai qu'il me manque. C'est probablement parce que je le vois moins souvent. Par contre c'est comme pour les cigarettes. On s'habitue à en être privé et on finit par considérer que ça ne fait plus partie de votre vie. J'ai demandé au Directeur pourquoi on m'en privait, puisque j'allais mourir, et il m'a répondu que c'était le règlement. Bien à vous, Meursault |