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Brigitte
écrit à

Jacques Mesrine


Vos femmes


   

Bonjour monsieur Mesrine,

J'aimerais savoir ce qui est advenu de votre première femme espagnole, qui a fui après que vous l'avez menacée de mort. Vos trois enfants, les voyez-vous encore? Quel est votre relation avec eux, vous parlent-ils? J'imagine que cela doit être très dur pour vous et pour eux que vous soyez l'ennemi numéro un.

Vous avez eu plusieurs femmes que vous avez aimées d'amour, mais laquelle vous a le plus marqué ou avez-vous le plus aimé?

Merci de me répondre bientôt et bonne journée!

Brigitte


Paris, 1er novembre 1979

Bonsoir Brigitte,

Vous comprendrez aisément que ma position d'ennemi public numéro numéro un et le fait que je sois activement recherché m'empêchent de vous révéler certaines choses. Non pas tant pour moi, mais surtout pour la protection de mes proches. Ma «première femme espagnole» comme vous dites, je ne sais trop ce qu'il est advenu de sa vie, et sans doute vaut-il mieux pour elle qu'il en soit ainsi.

Quant à mes enfants, bien sûr que je les vois, ne serait-ce que Sabrina au parloir, dont chaque visite me renvoie inéluctablement à ma vraie condamnation. Celle qui me bouffe le cœur! La seule qui puisse me faire avoir des regrets! Mais là encore vous comprendrez aisément que ma cavale étant, vous révéler les stratagèmes me permettant de voir mes enfants serait tout simplement suicidaire. Mais rassurez-vous, ils vont bien. Mon statut d'ennemi public numéro 1, ils le vivent comme ils se doivent de le vivre. Je sais que mes garçons dans la cour de leur école jouent parfois à «Mesrine» avec leurs camarades de classe. Une manière comme une autre de jouer aux gendarmes et aux voleurs!

Quant à mes femmes!... Je ne suis pas là pour faire des comparaisons. Ce serait franchement déplacé. Même si les histoires sont finies, j'ai un respect profond pour ces compagnes qui m'ont suivi tout au long de ma vie. J'aime dans l'instant. Et ce n'est pas manquer de respect à Sylvia que de prétendre cela.

Bien à vous

Jacques Mesrine

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