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Bonjour, très cher monsieur Mesrine,
Je n'ose même pas vous appeler Jacques, tellement j'ai de respect
pour vous.
Dites, monsieur, est-ce vrai que quand vous braquiez une banque vous
braquiez celle d'en face aussi? À propos de votre nom, est-ce
vrai que vous ne supportez pas qu'on en prononce le «s»?
Merci de votre réponse, et encore tous mes respects.
Votre plus grand fan,
David
Paris, 1er novembre 1979
Bonjour Monsieur,
Pour répondre à vos questions, oui, il m'est
arrivé fréquemment lors de mes braquages de banques de
sortir de l'une d'entre elles, le hold-up terminé, et de
réitérer l'action dans un autre établissement
bancaire dans la foulée. Et si cet établissement se
trouvait sur le trottoir d'en face, alors c'était encore mieux.
La raison à cela est simple: gagner plus. Vous voyez où
je veux en venir?
Quant à la prononciation de mon nom, oui, effectivement, je n'ai
jamais supporté que l'on déforme sa musicalité. Ce
sont les canadiens qui ont commencé à m'appeler
«Mesrine»! Alors que, comme vous le savez, on dit
«Mérine». Ce qui est logique. On ne dit pas
«Rosse-Ny sous Bois»!
Voilà, en espérant avoir satisfait votre curiosité.
Jacques Mesrine
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