Questionnement |
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| Cher Méphisto, esprit qui toujours nie et feint avec
belle assurance, quelle est donc l'essence de ton être, métaphysique
ou éthique? Si elle est métaphysique, alors tu ne peux être sans dieu étant donné que vous ne pouvez vous définir que l'un par l'autre. Si elle est éthique, alors elle est assujettie à l'homme car que serait le bien et le mal sans l'humain pour le ressentir? Enfin dans la hiérarchie des diables, pourquoi n'es-tu pas le premier? Comme tu vois, je t'aime bien et me fais beaucoup de souci pour toi (euh... pour vous, je ne sais plus ce qu'il convient de dire...!) Avec mes remerciements anticipés, veuillez croire, cher diable, en l'assurance de mes sentiments déraisonnables. Solange |
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| Chère Solange, Il m'est assez agréable de constater que la justification de mon état semble en inquiéter plus d'un. Malgré votre belle assurance, ceux de votre race ne réussissent pas à se convaincre entièrement de mon inexistence. Le doute subsiste et ronge vos certitudes matérialistes. Alors, au fil des siècles, les concepts, les thèses, les démonstrations philosophiques, mythologiques et théologiques s'accumulent et chacune de vos tentatives de globalisation du monde se transforment en poussière. Constamment, vous devez revenir au point de départ, à l'interrogation ultime qui vous hante depuis la nuit des temps. Hélas, cent fois hélas, mais aussi longtemps que vous n'aurez pas constaté la ferveur de mon royaume, il vous restera toujours ce doute qu'il me plaît d'entretenir. Le bien, le mal, l'éthique ne constituent que des questions d'intérêts entre les mortels à la recherche d'un pouvoir temporel absolu. Vos perceptions se limitent à la bassesse de votre satisfaction animale et ont fort peu à voir avec les mystères de l'univers. En ce sens, la hiérarchie constitue une merveilleuse invention humaine afin de justifier la domination de quelques-uns uns sur le reste de leurs semblables. Considérez que je suis l'Esprit qui nie et que l'accessoire n'a aucune espèce importance. Je suis pour vous aussi fidèle que l'ombre qui vous accompagne en permanence et que, par indifférence, vous préférez oublier. Enfin, sachez bien ma très chère Solange que j'accepte vos sentiments déraisonnables avec espoir, car ils sont le seul gage de votre salut. Méphistophélès, L'Esprit qui toujours nie |