Quand?
       
       
         
         

marie.bohn@rmcnet.fr

      Wech amigo,

Come esta? Alors comment tu vas?

Quand est-ce que tu reviens sur terre?
         
         

Méphistophélès

      Très chère Dame,

D'entrée de jeu, et au risque de vous décevoir, permettez-moi de vous informer que je suis déjà sur terre. Et d'ailleurs vous me voyez surpris de constater que vous ne l'avez pas même remarqué.

Mais, j'y songe! Vous citez peut-être certains écrits poussiéreux qui prophétisent sur la venue d'un personnage diabolique quelconque causant mille malheurs aux pauvres humains dépourvus. Le règne du mal absolu avant le retour de votre sauveur et son ultime jugement où enfin les âmes pures seront récompensées et les impures précipitées dans quelques lieux maléfiques. Une histoire amusante, il est vrai. Histoire farfelue aussi donnant espoir aux naïfs que je serai définitivement vaincu par je ne sais plus qui.

Libre à vous d'y croire, mais regardez bien autour de vous. Partout j'impose ma volonté. Et quoi que fassent vos contemporains, depuis les débuts de ce vous appelez l'humanité, mon empreinte marque encore et toujours le quotidien de vos semblables, jusqu'au plus profond de leur être.

Vous et les vôtres, à grands coups d'humanisme de toutes sortes, vous tentez de faire ce que vous appelez le Bien. Mais force est de constater que cette idée n'est pas compatible avec la vie. Et la preuve en est que jamais, ni jadis ni maintenant, cette idée n'est parvenue à ébranler la puissante volonté de désordre que je me plais à entretenir.

Regardez autour de vous. Sur tous les continents, dans toutes vos sociétés, mêmes celles que vous dites prétentieusement avancées. Regardez bien. Comment pouvez-vous y voir autre chose que mon souffle et mon influence. Chaque jour je vous offre de nouvelles preuves de mon éternelle supériorité. Chaque jour vous êtes forcée, vous et les vôtres, de constater ma présence sous les formes les plus diverses.

Bien sûr, vous croyez que je parle ici des guerres de toutes sortes dont vous êtes les témoins quotidiens. Les guerres raciales. Les guerres politiques. Les guerres économiques. Et plus étroitement les guerres de gangs. Les guerres de rues. Et j'en passe tellement il y en a. Et il vous plaît de croire que vous en êtes finalement étrangère, donc que je ne parle pas de vous en particulier. Car il est dans votre nature de vous croire tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, tantôt simplement à côté de ce qui vous entoure. Question d'avoir bonne conscience.

Mais plus encore, c'est de vous personnellement que je parle. Oui, chère Dame, de vous. Car il vous suffira d'analyser votre propre existence - pour peu que vous en soyez capable - pour convenir que chaque jour je suis votre guide le plus influent dans votre cheminement le plus intime. Combien de fois, chaque jour, ne pensez-vous pas et n'agissez-vous pas suivant vos désirs les plus égoïstes et les plus profonds, et ce au détriment même des valeurs soi-disant sociales, ou humaines, que vous défendez pourtant avec toute l'énergie dont vous êtes capable dès le moment où vous sentez que quelqu'un, quelque part, pourrait vous juger?

Mes propos vous choquent? C'est le propre de la conscience, madame. Et laissez-moi vous en féliciter. Je ne saurais d'ailleurs que vous inviter à vous comporter tel que je vous le commande, sans même que vous ne le sachiez. Votre existence même suffit à prouver que je suis encore sur terre. Vous ne me voyez pas mais je veille sur vous. Chaque jour je vous aide à choisir, à décider, à dériver... à être ce que vous êtes vraiment. Et un jour, le temps venu, je vous accueillerai dans mon royaume. En digne disciple de ma volonté.

Continuez, chère Dame. Continuez. Vous êtes très bien.

Méstophélès
L'esprit qui toujours nie
         
         

marie.bohn@rmcnet.fr

      On se connaît? Peut-être mais pourquoi vous vous permettez de m'envoyer un message de la sorte? Bizarrrrrre votre attitude. J'ai du mal à être en intimité avec dieu et quand je le sens j'en garde le secret pour éviter des gens bizarres commme vous de détruire les rêves que nous avons chacun au plus profond de soi.

Booonnnnne continuation.
         
         

Méphistophélès

      Madaaaaaaaame,

Votre façon de vous exprimer est tout à fait ravissssssante.

Par contre je m'étonne de voir vos vocables interroger mon attitude de manière aussi lunatique. Vous me demandez pourquoi je vous écris alors que c'est vous-même qui m'avez interpelé. Sans doute m'avez-vous fait signe sans même en avoir été totalement consciente. La conscience n'est pas la caractéristique la plus marquante de votre espèce. Il va sans dire. Heureusement, vous avez l'intuition. Ce phare. Cette obscure lumière qui vous guide et qui vous remet dans le droit chemin lorsque quelque bondieuserie tente de vous en détourner.

Vous avez du mal à être en intimité avec dieu? Voilà un aveu qui vous honore. Et plutôt que de le déplorer, saisissez-en toute la profondeur. Voyez comme ces rêves dont vous parlez sont éphémères. Comme vous avez du mal à les saisir, puis à les conserver. Combien ils s'opposent à la voie naturelle que je vous propose.

Aaaaaaaaaah, madame, c'est à moi de vous souhaiter une bonne continuation. Et ne croyez pas que je sois le destructeur de vos espoirs. Je ne suis le destructeur que de votre angoisse. Celle qui s'empare de vous chaque fois que vous vous surprenez à reconnaître la futilité de vos rêves mielleux. Fréquentez encore quelque temps votre dieu. Je sais très bien que plus vous vous en rapprocherez, plus vous vous précipiterez vers moi, le temps venu.

Mes hommages, madaaaaaaaame,

Méphistophélès
L'esprit qui toujours nie