Florence
écrit à

Méphistophélès
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J'aurai une question à vous poser. Pourquoi signez-vous
«l'esprit qui nie»? Vous niez quoi au juste? Florence, Méphistophélès, Esprit qui soi-disant toujours nie, Je trouve ridicule votre argument et votre réponse à ma question. Ma deuxième question est très loin d'être stérile. Parce que vous pensez qu'en suivant votre voie, les humaines renaîtraient? Vous rigolez? Vous suivre: il n'y a rien de tel pour détruire ce qui reste d'humain en nous. Vous faites de l'esprit, vous essayez faussement d'être philosophe, mais pour le coup, je vous trouve très léger. Vous n'êtes ni cohérent ni bon prince. D'ailleurs, quand on est sincère, il n'y a pas besoin de dire les choses trente six mille fois. Un conseil: vous devriez nier jusqu'à votre propre existence, cela vous ferait beaucoup de bien. Sur ce... Florence Vous me niez, Madame, et dans le même temps vous m'implorez de vous éclairer. N'est-ce pas là la preuve de ce que j'avance, que déjà votre négation vous porte vers une attitude plus positive? Bien sûr vous nierez, ce qui sera encore un pas en ma direction. Vous ne serez libre que le jour où je vous ouvrirai ma porte, Florence. Ce jour-là vous ne dépendrez pas de ma force: vous vous serez librement libérée de vous-même, vous aurez cessé de résister à vos propres pulsions pour convenir que mon royaume est autrement plus généreux. Regardez autour de vous. Partout vous voyez les âmes tristes de ceux qui déjà entament leurs métamorphose. Bientôt elles ne seront plus tristes. Bientôt, elles seront assises à ma droite, à la droite de leur père spirituel, celui qui toujours rit. Méphistophélès L'esprit qui toujours nie Ah oui? Votre porte ne m'est-elle pas déjà ouverte? Il y a un test avant? J'accepte mes pulsions, Monsieur, et c'est cela qui me libère et non votre prétendu accueil très sympathique. Et si les âmes sont tristes, c'est parce qu'il y a trop de richesses et qu'on ne sait plus apprécier les choses simples. De plus, je ne crois pas que vous accueilliez les gens avec le sourire, plutôt un rictus. Je me trompe? Ce n'est pas moi qui nie votre existence. Je vous dis simplement que vous n'aurez jamais le dernier mot. Moi, Monsieur, je ne tiens pas à siéger à votre droite. Ne vous méprenez pas sur mes intentions. Florence Florence, Votre volonté d’avoir le dernier mot est à ce point délicieuse que je m’en voudrais de ne pas vous l’accorder. Avec un rictus puisque c’est aussi là ce que vous désirez. À bientôt, très chère. À très bientôt, chère. Méphistophélès L’esprit qui toujours nie Le jour où je renaîtrai, Monsieur l'Esprit qui toujours nie, je ne viendrai en tous cas pas vous supplier puisque vous vous serez évaporé depuis très longtemps. Être libre, c'est justement ne pas dépendre de forces telles que vous. Gardez vos sourires et vos arguments douteux pour les faibles d’esprit qui ne savent pas résister à leurs pulsions. Pour les autres, il vous faudra encore étudier un peu vos leçons d’apprenti sorcier… D’ailleurs, pendant que vous y êtes, j’aimerais bien que vous m’expliquiez comment la négation pourrait être positive… Florence Dame Florence, En me trouvant ridicule, vous rejoignez d’un pas ferme et décidé ce qu’il reste d’humain en vous. Je ne m’en étonne pas car voyez-vous, c’est précisément ce côté humain, trop humain qui vous a plongé, vous et les vôtres, dans l’impossibilité nue de comprendre combien la négation pouvait être plus positive que tout ce que vous avez pu connaître. Vous renaîtrez aussi, Florence. Ne vous inquiétez pas. Ce jour-là vous me supplierez de ne pas nier mon existence. Méphistophélès L’esprit qui toujours nie Non… À jamais, Méphisto, à jamais. Florence |