L'enfer sur la terre |
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| L'enfer n'est-il pas sur la terre avec
tous ces débiles, ces maniaques et ces assassins???? René Laporte |
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| L'enfer serait sur la terre? Allons,
mon ami, dites-moi tout de suite que vous n'êtes pas sérieux... À
moins que vous ne vous soyez trompé d'adresse? Car il y a quelqu'un, ici,
à l'étage au-dessus, perdu dans les nuages, qui ne demande qu'à
entendre des propos de cette nature! Allez vous faire prendre ailleurs! Par ce Dieu
à la con qui s'évertue à vous dire que vous êtes tous
responsables de vos propres malheurs! Ce Dieu paternaliste qui saute sur tout ce
qui bouge, aussi larvaires, rampants et sourds que vous êtes! L'enfer serait sur la terre, dites-vous? C'est que vous ne connaissez pas mon royaume, pauvre luciole. Votre lumière vous aveugle! Votre regard vous égare! Vous voyez le mal autour de vous et vous croyez que c'est ça, l'enfer? Vous me sous-estimez, pauvre malheureux. Le jour où vous franchirez ma porte, vous conviendrez que ces débiles, ces maniaques et ces assassins étaient peu de chose. Qu'ils n'étaient en fait que des moutons un peu moins laineux que les autres, et donc un peu plus visibles. Vous voulez que je vous montre une parcelle de cet enfer que vous avez tant de mal à conceptualiser? Sans doute perds-je mon temps car cette idée, je doute que vous puissiez véritablement la saisir. Mais voilà. Je ne serai pas mauvais joueur. Je consentirai à vous en offrir une parcelle afin que vous puissiez y tremper les lèvres. Regardez vos pieds. Concentrez-vous, si seulement vous en êtes capable. Imaginez que vous soyez attiré vers le ciel par une force capable de vous libérer de cette manie de toujours coller au sol. Vous vous élevez. Plus haut. Plus haut. Vous ne touchez plus terre. Vous voyez la terre s'éloigner de vous, sous vos pieds. Stop! Vous voyez la terre? Vous la voyez bien? Alors dites-moi. Où est l'enfer dont vous parliez? Hmmm? Pardon? Vous ne le voyez pas? Tiens tiens... Maintenant redescendez. Collez-les au sol, vos savates. Je parie que maintenant vous le voyez à nouveau, cet enfer. Pourtant il n'était pas là tout à l'heure. Apprenez-en, pauvre marmot, que l'enfer c'est la perspective. Quand vous serez mûr pour mon royaume, votre perspective changera. Soyez-en assuré. Et dans l'attente de ce grand jour, collez à votre terre. Collez-y. Et voyez comme elle est gluante. Méphistophélès L'esprit qui toujours nie |