Je te pardonne
       
       
         
         

quezako@hotmail.com

      As-tu été bon avant de devenir qui tu es maintenant? Si oui, penses-tu que tu pourrais redevenir bon? Je pense que le bien et le mal ne sont pas permanents. De ce fait, rien ni personne à mes yeux ne peut être éternellement bon ou mauvais.

Et d'autres qustions qui me titillent:

- Te considères-tu comme mauvais?
- Considères-tu Dieu comme mauvais?
- S'il n'y avait pas d'homme à faire souffrir, que ferais-tu?

Zako
         
         

Méphistophélès

      Zako,

Vous feriez mieux de définir ce qu'est le bien et le mal avant de formuler des questions aussi naïves. Bien sûr, il s'agit probablement d'une tâche au-delà de vos capacités humaines puisque ces notions sont avant tout des questions d'intérêts. Qui vous dit que le mal n'est pas le bien et le bien le mal? Qui vous dit que je n'ai pas toujours été bon et que le grand Usurpateur ne s'arroge pas des titres auxquels il n'a pas droit?

Peut-être croyez-vous que le bien représente les valeurs du Dieu de l'Amérique et que je suis le Conseiller spirituel de ce Ben Laden? Que le bien est la libération de la femme du port du voile et son asservissement à la civilisation du libéralisme? Que le mal est de renverser l'ordre du bien qui vous impose une pensée unique et vous fait croire que l'égalité ne peut exister sur votre terre et que les riches sont le bonheur des pauvres.

Quant à la souffrance de l'homme, vous devriez comprendre qu'il s'agit en fait de sa seule jouissance, l'unique présent qu'il peut offrir à ses semblables en toute honnêteté, alors dites-moi pourquoi l'en priver?

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

quezako@hotmail.com

      Cher Méphisto,

Le bien et le mal, ce ne sont pas des actions, tu me parles de définir ces valeurs et tu les mesures en actions. Le bien et le mal sont situés bien plus en profondeur, dans nos êtres, ils mesurent toutes nos pensées et nous trahissent parfois. C'est pour cela qu'on fait le mal alors qu'on voulait faire le bien. Mais alors, si on avait l'intention de faire le bien, est-ce vraiment mal? Non, c'est l'action, le résultat que l'on juge bien ou mal.

En fait, je pense que beaucoup de personnes ne veulent pas faire le mal, mais simplement imposer leur vérité, dominer leur vie et parfois celle des autres, c'est pour cela que parfois, de fil en aiguille on arrive aux pires crimes!

Méphisto, je pense que tu es persuadé de faire le bien, mais en fait ta vision, comme la mienne, est erronée... on ne fait pas le bien par des actions mais bien par les pensées. Ainsi, avant de faire du terrorisme, on devrait se demander si tuer des milliers de gens est bien, même si le résultat final, c'est-à-dire affaiblir les USA, est peut-être bénéfique.

Sinon, bien évidemment, le bien de certains est le mal des autres. Et aucun des partis ne détient la vérité. Toutefois, je pense qu'il existe des valeurs qui sont universelles, et si tout le monde les respecte, les choses iraient un peu mieux. Je pense entre autres à ce que dit Jésus: Aime ton prochain comme toi-même.

Méphisto, qui que tu sois, quoi que tu fasses, je t'aime, car c'est un amour global, l'amour de tous les êtres, de la création de Dieu. J'aime aussi mon ennemi et s'il me blesse ou s'il me vole, je l'aime plus encore. Cela ne veut pas dire que je me laisse marcher sur les pieds ou que je laisserais n'importe quel crime être commis sous mes yeux, mais simplement que je ferais de mon mieux pour l'amour règne, s'il faut arrêter quelqu'un, je l'arrêterais mais sans haine et sans préjugé.

Je ne dis pas qu'il faut tout pardonner, mais à quoi bon s'énerver après les fautes d'hier? Ça ne serait rien de plus que de commettre une nouvelle faute. C'est le schéma classique, et l'échec humain du 11 septembre date en fait de quelques décennies auparavant! Évidemment que le bien et le mal ne sont pas isolés et qu'ils se mélangent depuis la nuit des temps mais il s'agit un jour de s'en rendre compte et d'orienter un peu le sens du courant.

Que les choses soient bien claires, je ne crois pas en l'éradication du mal, pas du tout! Mais je crois en ce que Jésus a fondé. Je crois que l'homme se fait encore beaucoup de mal et qu'il n'est pas là pour détruire mais bien pour construire, ensemble. l'édifice sera encore plus solide si ses bâtisseurs viennent d'horizons différents.
         
         

Méphistophélès

      Ah! pauvres judéo-chrétiens, il vous est si simple de séparer vos valeurs de vos actions. Vous pouvez ainsi accomplir les pires abominations au nom de ces mêmes valeurs de bonté et d'amour mesquin. Le résultat n'a aucune espèce d'importance et déclarer son amour à son pire ennemi devient alors d'une déconcertante facilité. Mon pauvre ami, plus vos valeurs sont profondément ancrées en vous et plus elles vous échappent et sont totalement inutiles à votre humanité rampante.

Pour ceux de votre race, aimer est effectivement l'acte le plus facile au monde. Vous aimez profondément l'univers, Dieu, la vie et particulièrement tous vos semblables. Peu importe leur état, vous êtes au-dessus de leur nature infecte et avide. Vous vivez dans un état de sainteté permanent qui vous satisfait et peu importe celui qui souffre puisque vous l'aimez démesurément. Sa souffrance est irréelle, impalpable, par elle vous jouissez et votre orgueil en grandit d'autant. Bien sûr que vous aimez même le diable, il fait partie de votre univers restreint, car il ne représente que l'expression, la raison d'être de ce que vous croyez être.

Certes! Certes, dans un sens tout cela peut être fort louable, mais ne change pas grand-chose à la réalité que vous côtoyez et que vous refusez d'assumer telle quelle est. Votre amour du prochain est lui-même un dogme, une vérité que vous cherchez à imposer à tous vos semblables au nom d'un amour universel inaccessible. Vous glorifiez l'amour servile, car c'est un commandement de vos Dieux de carton pâte, mais cela n'a rien à voir avec des pseudo-valeurs spirituelles. C'est du totalitarisme à l'état pur, ce sont des murs que vous construisez, la forteresse de l'ignorance que vous érigez et les chaînes de l'asservissement que vous forgez.

Vous m'aimez! Vous me pardonnez! Vous construisez une société sur les préceptes de ce Jésus, prophète des déserts et artisan de vos malheurs, grand bien me fasse! La récolte sera bonne et le troupeau à point pour le grand embrochage en gestation.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

quezako@hotmail.com

      Vois ça comme tu veux, je n'attends de compliments de personne. Je continuerai à agir comme bon me semble et tant mieux si cela rend heureux mon prochain.

J'ai une autre question. Dieu n'est-il pas ton créateur? Tu ne l'aimes pas. Voudrais-tu le tuer si tu le pouvais? Si tu le pouvais, tu ne serais plus, non? Ne vis-tu que pour ta haine?

C'est pour cela que le mal ne peut régner. Car il finit toujours par s'autodétruire. Mais il revient toujours...
         
         

Méphistophélès

      Et si vous vous trouviez devant la situation inverse? Dieu n'étant qu'une mauvaise idée fomentée par le Mal? Intéressant comme hypothèse, n'est-ce pas? Une petite marionnette divinisée et articulée par les puissances obscures et cela seulement pour mieux vous tromper, mes pauvres humains gorgés de l'amour du prochain.

Songez donc que derrière ce masque innocent de béatitude accomplie, il n'y a... que moi? Pensez donc! Quelle déception! Plus d'espoir! Plus d'amour, rien qu'un interminable chemin tortueux pavé de bonnes intentions. Triste réalité que vous refusez absolument d'entrevoir par crainte de voir s'écrouler votre château de cartes.

Allez! En fait je vous plains d'où l'origine de ma magnanimité envers votre naïveté imperturbable de chrétien au-dessus de sa condition. Bien sûr que le mal ne peut régner. Observez donc l'état de votre monde et vous verrez qu'il se trouve nécessairement entre les mains des forces du bien.

En espérant que vous êtes maintenant rassuré, allez en paix mon fils et à bientôt sur votre grabat éternel.

Méphistophélès
L'esprit qui toujours nie
         
         

quezako@hotmail.com

      Ce que vous dites est très intéressant! Mais je viens à me poser de nouvelles questions... eh oui! En me disant tout cela, que cherchez-vous à faire? À me prévenir? Dans ce cas, vous aidez les hommes et les prévenez des dangers.

Vous me dites qu'il faut se méfier de tout comportement, car même s'il semble louable, il peut être néfaste à terme. Dans ce cas, je serai attentif, mais je ne vois pas de raison de baisser les bras, au contraire, vous m'encouragez à trouver ma voie. Ou peut-être cherchez-vous à m'ôter tous mes espoirs en l'homme et en dieu? Dans ce cas, il s'agit d'une simple manoeuvre et je n'ai pas de soucis à me faire.

Le bien ne peut exister sans le mal. Le mal ne peut exister sans le bien. Le bien existe donc. Un exemple: un homme m'a interpellé dans la rue et a commencé à m'insulter. Cela m'a énervé et je l'ai insulté à mon tour puis je suis parti. Mais après quelques pas, j'ai regretté mon acte. Tout cela pour dire que je ne suis pas un saint, j'ai une part de mal en moi, mais je crois en des valeurs qui me permettent de corriger mes actes. On n'est jamais à l'abri de faire du mal aux autres. Mais souvent c'est par inconscience et non par méchanceté pure. Alors, l'enfer est pavé de bonnes intentions? Qu'est-ce qui compte? L'intention ou l'acte final?

Si je pose la question c'est que je n'ai pas la réponse mais je continue à vivre quand même et à aimer mon prochain, que ça soit bien ou mal. Je te pardonne, mais je ne dis pas que j'ai raison, que c'est bien, je le fais parce que j'ai foi.

Merci en tout cas pour votre point de vue sur toute cette affaire.

PS: Je crois en dieu mais je suis athée. Je ne me considère pas comme un chrétien.
         
         

Méphistophélès

      Cher Monsieur,

Mais je ne fais que cela prévenir les hommes contre ce qui les menace, ce qui les entrave, ce qui les enchaîne à une morale hypocrite pour servir la politique de prêtres corrompus. Vous sautez d'un Dieu à un autre en fonction de vos intentions dominatrices et mercantiles. Osez entreprendre un examen sur la véritable portée de vos actes et vous constaterez que vos bons sentiments reposent sur des illusions. Qu'importent les raisons pour lesquels vous insultez un inconnu sur la rue, demandez-vous plutôt au service de qui vous l'insultez. Le bien et le mal n'a aucune espèce d'importance, il n'y a que les intérêts qui les déterminent.

Vous avez espoir en l'homme? Vous avez espoir en Dieu? Il n'y a aucun autre espoir que la rébellion contre ce qui vous opprime et vous maintient sous le joug des imposteurs. À vos yeux, je suis le Mal car je représente celui qui a choisi le refus de l'autorité, c'est-à-dire l'expression ultime de la liberté sous toutes ses formes. Je suis celui que vous désireriez être. Je suis l'expression de la liberté, mais vous craignez trop les conséquences de ce choix pour aller au bout de vos désirs. Alors, le Bien n'est que la consécration de votre impuissance à vous libérer de l'esclavage.

L'humain est un troupeau bêlant à la recherche d'un maître à penser lui dictant ce qu'il faut penser et comment agir et vous n'aurez d'autre choix que de briser ces chaînes si vous désirez être vraiment sauvé.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

quezako@hotmail.com

      Je suis désolé mais je ne me sens pas prisonnier. J'ai écouté dieu et je vous écoute maintenant. Et alors? Dieu m'a dit que c'était à moi de trouver ma voie. Toi, tu me forces à prendre la tienne.

Je pense effectivement qu'il tient à chacun de se construire sa propre idée sur ce qui l'entoure. Dieu ne m'a jamais ordonné quoi que ce soit, il me laisse agir en toute liberté et quand j'insulte un homme dans la rue, il ne vient pas pour me gronder. En tant qu'homme, j'ai trouvé ma voie et je la découvre un peu plus chaque jour qui passe.

Merci pour tous tes bons «conseils» mais je n'adhère pas.

À bientôt peut-être.
         
         

Méphistophélès

      Mon pauvre ami,

En plus de vous bercer d'illusions, vous confondez mes propos à outrance. Je n'impose aucune obligation à qui que ce soit. J'affirme simplement ce qui doit être dit. J'atteste de ce que personne n'ose exprimer par crainte de découvrir l'évidence de votre situation d'esclave heureux de son sort. Je ne participe donc à aucun concours de popularité à votre endroit et m'abaisser à séduire un troupeau de brebis têtues qui se précipite allègrement à l'abattoir ne m'intéresse absolument pas.

Vous m'avez interrogé et je vous ai répondu. Je vous ai prévenu d'une réalité que vous refusez d'aborder préférant ergoter sur votre relation privilégiée avec votre Dieu. Alors pour la suite de votre quête, c'est à vous seul d'y croire ou non.

Poursuivez donc votre chemin, attendez la révélation et ce que vous y trouverez risque fort de vous étonner.

En effet, nous nous reverrons beaucoup plus rapidement que vous le croyez.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

quezako@hotmail.com

      Cher Méphisto,

Pourquoi me libérer si je suis heureux ainsi et ne cause de tort à personne?

Pourquoi veux-tu que je brise ces chaînes? Crois-tu que cela me rendra plus heureux encore?

De plus, si tout le monde se mettait à suivre tes fabuleux conseils, en allant jusqu'au bout de leurs désirs, il n'y aurait plus de liberté! Tout le monde voudrait avoir sa liberté et au final personne ne serait satisfait. C'est pour cela qu'il faut faire des concessions et se priver de certains plaisirs.

Ma liberté s'arrête là où commence celle des autres et toi, tu as l'arrogance de faire ce que bon te semble sans chercher à savoir si tu causes du tort à quelqu'un!

Tu me réponds comme à un chien et tu me conseilles d'en faire autant! C'est ça ta liberté?

Toutefois, je ne me considère pas comme quelqu'un de bien et il se peut effectivement que nous nous revoyions. Cela me désolerait mais je l'accepterais. Il se peut aussi que tu ne sois que mon moi inconscient, celui qui me pousse à la tentation.

Évidemment, j'aimerais certaines fois faire ce que je veux, mais ça serait la fin de la tolérance.

Vas-y, attaque-moi, plus tu tenteras de m'abattre, plus je me sentirai fort. Merci encore pour ce grand service! Tout ce que tu as réussi à faire, c'est de me prouver que ta vision est effectivement mal. Je ne vis pas tout seul et ne peux suivre ta logique ici.

Je trouve d'ailleurs que tu as tendance à ressasser sans cesse les mêmes idées jusqu'à ce que je les admette et je sens là comme une envie de domination, d'imposition de ta vérité.

Continue à détruire mes propos un par un, je sais bien qu'il y a toujours moyen de détourner, de NIER ce que je dis, de les tourner en désuétude.

Pour ma part, je m'arrêterai ici et je te laisse le choix de poursuivre ou non cet échange.

Merci  Méphistophélès pour tous tes bons conseils.

PS: pourquoi «l'esprit qui toujours nie»?
         
         

Méphistophélès

      Cher Monsieur,

Il est vrai que je me répète énormément, mais avouez que votre degré d'asservissement est assez impressionnant et exige un foisonnement de répétitions afin de vous faire comprendre quelques évidences... fort inutilement, j'en conviens humblement. Que vous vous plaisiez dans votre état, je vous l'ai déjà dit également, est votre affaire.

Je crois en effet cet échange plutôt stérile et propose de le reprendre lorsque vous quitterez votre état d'hibernation perpétuel dans lequel vous êtes plongé.

Par ailleurs, que je vous traite comme un chien est peut-être exagéré de votre part, mais je vous ferai seulement remarquer que nombre de ces sympathiques quadrupèdes sont souvent fort mieux traités que les humains par leur propre frère. Alors, je ne me formalise pas de votre cri du coeur à cet égard.

Quant à ma signature, je crois qu'elle va de soi. Je vous suggère donc, si vous en avez le courage, de lire ma correspondance qui l'explique, ma foi, assez clairement.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

quezako@hotmail.com

      Cher Seigneur de l'effroi,

Le jour où vous apprendrez à parler aux hommes, peut-être qu'ils vous écouteront, moi le premier. Peut-être vous complaisez-vous à vous plaindre que les hommes ne vous comprennent pas?

D'ailleurs à ce propos, puisque vous me dites que votre situation est parfaite et que nous devrions vous prendre en exemple, pouvez-vous me dire en quoi vous m'êtes différent? Êtes-vous heureux en ce temps? Prenez-vous plaisir à tenter de me dominer?

Je puis vous paraître parfois quelque peu agressif, mais sachez qu'au fond de moi je vous respecte car vous êtes un être pensant. Comme tout être pensant, vous avez le droit de vous exprimer et je me dois de vous écouter, c'est la moindre des politesses.
Je dois toutefois avouer que j'ai bien du mal à bien vous comprendre. Veuillez m'excuser, je ne suis qu'un vulgaire humain...

Qu'attendez-vous de moi? Que je vous obéisse? Que je m'oppose farouchement à vous? Que je vous ignore?

Je sens que vous voulez que j'agisse dans votre intérêt, peut-être suis-je une fois encore dans l'erreur?

Bonjour chez vous.