Cher
Stradivariable,
Pourquoi m'écris-tu avec tant de nervosité si tu n'as pas
peur de moi? Ta voix fait trembler tes doigts sur ton clavier. Tu avais
mille choses à me dire, à me demander, à me
supplier,
mais aussitôt devant ton écran tu te dépêches
de vomir quelques mots et de disparaître, de peur que je ne
surgisse… cruellement!
Parlons-en, de cette cruauté. Non, mon violon, je ne suis pas
devenu cruel. Je le suis depuis toujours! Toi aussi! Seulement toi, tu
ne l'as pas encore pleinement réalisé parce que tu t'en
défends de toutes tes forces! Tu fermes les yeux pour
éviter de voir ce que tu ne veux pas voir! On t'a dit que ce
serait plus confortable mais est-ce bien le cas? Nooooooon. À
preuve
cet empressement à me dire que tu n'as pas peur de moi.
Retourne à ton boulot et continue à faire des gammes. Un
jour viendra où tu ne joueras que pour moi. Ce sera une musique
d'enfer.
Méphistophélès
L'esprit qui toujours nie
