De la part d'un ami de longue date |
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| Salut Ô Seigneur, Je t'écris à propos d'un petit problème. Voilà, je voudrais moi aussi avoir ma place au soleil (virtuel) d'Internet. Tu sais depuis que j'ai un ordinateur chez moi, ça me tente beaucoup, cette histoire. Seulement voilà, l'Éditeur, cet illustre personnage (on ne peut le nier, et ça te dérange, d'ailleurs: c'est quelqu'un de bien), hésite beaucoup à m'accepter. Il a même prétendu que je n'étais qu'une idée et non un personnage. Tu imagines! Tu sais comme ça me vexe, ce genre de remarque! Alors voilà. Tu as de l'autorité. Pourrais-tu donc intercéder pour moi auprès de l'Éditeur? Lui dire que ce serait une bonne idée que je vienne te rejoindre. Moi, tu sais, je fais peur, mais c'est juste parce qu'on ne me connaît pas. Au fond, je suis gentil! Je n'ose pas lui faire peur! Une dernière chose encore. Ton employeur, le grand patron, aussi veut s'incruster. Comme si Satan avait un quelconque talent pour l'épistolaire! Avoue que c'est ridicule de sa part, non? Mais lui, je pense bien que notre cher Éditeur n'en voudra pas. Lucifer ne va pas venir nous ennuyer jusque-là! Je te remercie d'avance. Mortellement à toi, La Mort |
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| Comme vous le savez très bien, les mortels sont, par
leur nature, des êtres profondément incultes et, malheureusement, les
éditeurs n'échappent pas à cette règle immuable. Je conçois
toutefois qu'il peut exister quelques exceptions, mais convenons qu'il s'agit ici
d'un tout autre débat et n'insistons pas davantage pour le moment. Ainsi, préoccupés exclusivement de leur longévité, les mortels préfèrent associer la Mort à une idée assez réductrice plutôt qu'à une entité bien connue par tous les gens sérieux et, ma foi, sous ma direction, devenue assez efficace en matière de fauchage. Malgré ces évidences, j'ai tout de même le regret de vous informer que, lors de la signature du pacte entre ce cher Monsieur Dumontais et votre serviteur, j'ai concédé à ce dernier une totale indépendance d'esprit dans le choix de ses collaborateurs. Donc, intercéder en votre faveur serait considéré comme un manque de tact impardonnable de ma part et me placerait dans une situation inconfortable vis-à-vis notre contrat. Par contre, Méphistophélès n'a qu'une seule parole et si vous parvenez à convaincre l'éditeur de Dialogus de m'interroger sur le cas qui nous occupe, je réfléchirai alors sérieusement à votre prière. Méphistophélès, L'Esprit qui toujours nie |