Bonsoir grand maître
       

       
         
         

Ateranimius

      Étant comme le reste humain égoïste, présomptueux et assez désinvolte, je me permets de vous écrire. À vouloir gaspiller de mon temps, autant le faire avec vous. De mon jeune âge, on aborde très indifférement les gens et sans se soucier des insultes qu'on peut dire. Mes phrases peuvent se trouver assez confuses dû à mon état léthargique du moment. Je ne sais même pas quoi vous demander seigneur du malin. Tout a dû vous être dit avec plus ou moins de tact, vous avez essuyé toutes ces questions avec votre langue de bois. Je n'ai bien entendu pas pris la peine de lire les autres correspondances qui ont pu exister avec vous. Je ne crois pas en vous bien que ça vous soit égal. Alors que dire? Pourquoi vous écrire?... Ne pourrions-nous pas nous faire une petite partie d'échec?...

Je me demande tout de même ce que vous pouvez bien faire de votre temps. Vous êtes tellement passif à contempler la race humaine se détruire à petit feu, la misère pulluler en même temps que la corruption. Ce doit être si ennuyeux de voir tout ça, cette vermine, que cette vermine.

Avez-vous envie de changer d'air? d'être un autre? Vous passez dans tant de satire, on vous banalise tant. Qu'est-ce que cela vous fait? Pensez pas que j'essaye de vous démoraliser, je sais bien que vous l'êtes déjà assez et que je ne peux bien sur pas vous changer.

Serait-ce ce pour vous ingrat de sympathiser avec un humain? Si c'est le cas, je me vois en peine de ne pouvoir espérer être votre ami de comptoir. J'aime votre style, votre emphase. Il me plaît de vous lire bien que je n'ai pas lu tout ce que vous avez dit. Peut-être venu de ma libido, une question se dresse: comment se passe le sexe pour vous?

Je suis fatigué, ses petites lettres me font mal aux yeux.
Je vous embrasse! Léchouille dans le cou!

Ateranimius
         
         

Méphistophélès

      Ateranimus,

Qu'allez-vous penser de mon état? Vous seriez surpris de savoir tout ce que je peux entreprendre pour assurer votre salut. Sachez bien que la certitude est l'ennemi de l'humanité. Je suis l'ami, le conseiller, l'accompagnateur de tous les humains, sans exception du plus confus à celui qui se croit déjà assis à la droite du père.

J'apprécie la confusion et particulièrement la semer sur mon passage. Alors reposez vos yeux en toute quiétude et dites-vous bien que je veille à votre bienheureuse désorganisation.

Méphistophélès,
L'Esprit qui toujours nie