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Bénédicte |
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Ave sombre seigneur |
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| De vous je me sens fort semblable, car comme
vous je suis un «esprit» libre (malgré le fait que
je sois un «bon»); je suis la flamme folle, bleue,
incorrecte mais pertinente, épicurienne mais fataliste, qui
court le long des cimetières à la recherche de mon
combustible: les esprits. Je suis le feu follet et voilà ma
requête: flânant entre les tombes, de corps de bon
chrétien en corps de bon chrétien, je rencontre les
humains en peine égrenant les registres de la tristesse. Ne
pouvant me voir, à voix basse ils s'échangent des paroles
et je les épie: «Que la vie est triste... L'Enfer est sur
Terre...» et caetera, et caetera. Moi qui ai toujours vécu
sans m'embarrasser de cette surcharge de sentiments, je me trouvai fort
dépourvu quand d'autres feux follets me demandèrent:
«Qu'est-ce que la vie des Hommes?». C'est ainsi qu'il me
vint (passez-moi l'expression) à l'esprit de questionner votre
Grandeur sur un sens plus humain de la vie (vous qui connaissez leurs
vices, saurez me répondre en cette direction). Attendant
impatiemment votre réponse. Respectueusement vôtre, Un feu follet d'un cimetière de campagne P.S: Nous, les feux follets, ne sommes pas des esprits mais les exhalaisons des cadavres putréfiés qui se présentent sous la forme de flamme «folle» (par conséquent, nous sommes de nos opinions, aussi simples soient-elles) |
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