Au début?
       
       
         
         

erickl30@hotmail.com

      Bonjour!....ou Bonne Nuit!

Je n'ai jamais vraiment parlé avec vous par le passé ou du moins je pense le croire. En fait, c'est par curiosité que je vous écris. Hummm.... À ce que j'ai entendu dire, vous aimez bien la curiosité...

Mais l'objet de ma lettre ne porte pas là-dessus. J'aimerais que vous me parliez de la chute des anges si le coeur vous en dit. Et s'il vous venait à l'esprit de me dire que vous n'avez pas de coeur et que par conséquent il ne peut rien vous dire, eh bien.... J'aimerais que vous me parliez de la chute des anges s'il vous plaît.

PS: J'ai cru comprendre que vous n'aimiez pas dialoguer avec... Heuuu comment dites-vous donc "les idiots, ceux qui usent d'un langage populaire". Je suis donc un de ces "idiots" M. Mais que serait donc votre enfer si ces "idiots" n'existaient pas....? Mais de toute façon, le fardeau d'une trop grande intelligence ne ferait qu'écraser le peu de liberté que l'existence m'accorde.
         
         

Méphistophélès

      Cher Monsieur,

Je n'apprécie pas communiquer avec ceux qui utilisent un langage hors d'à-propos. Vous pouvez insulter qui vous voulez, mais en utilisant des termes appropriés et soignés. De plus, vous admettrez certainement qu'il n'existe pas nécessairement de lien entre un idiot et le langage qu'il use et que le Mal n'est aucunement synonyme de vulgarité ou de goujaterie. J'espère que vous saisissez bien mon point de vue sur cette question, il s'agit tout simplement entre nous d'un minimum de civilité. Quant aux idiots qui vous sont chers eh bien je vous avouerai que votre espèce fait largement sa part en cette matière, mais cela ne vous enlève pas un certain intérêt dans l'étude de cette bêtise qui vous caractérise si bien, une bêtise pathologique si je peux me permettre cette expression.

La chute des anges? Vous voulez des confidences sur ma déchéance, ma honte, ma défaite aux mains de l'Usurpateur, sur une soi-disant tentative de putch? Votre imagination fertile a construit des hordes de légions combattantes marchant au pas, s'affrontant dans une terrible guerre où les bruits de la bataille et le cri des anges terrassés recouvrirent les nuées du paradis. Il s'agit sans aucun doute d'une description assez pétillante de cette vieille histoire, mais qui a peu à voir avec la réalité.

Vous, les humains au trop grand coeur, adorez humer l'odeur du sang qui coule pour les grandes causes philanthropiques et transposer votre vécu sur ce que vous ignorez. Vous modelez et falsifiez selon vos intérêts les plus nobles. Vous adorez également réduire vos semblables à la famine, à la misère et à l'esclavage au nom de votre conception de la liberté, de la justice, du commerce et de Dieu. Vous acclamez bien haut ces justiciers du droit qui jouent si aisément avec leurs principes et l'existence des autres et grand bien vous fasse de croire votre pensée unique et universelle. Par ailleurs, votre époque la cultive à satiété et elle va bientôt atteindre son apogée d'hypocrisie. Et lorsque vos rêves s'écrouleront les uns après les autres, je cueillerai au passage vos douleurs et vos regrets.

Revenons donc aux cohortes de vos anges soldats. Vaniteux et présomptueux, l'Usurpateur s'est couronné maître de l'univers et, puisque d'aucune des entités peuplant ses confins ne le reconnaissaient en tant que tel, il a réussi à vous convaincre, pauvres humains insipides, à l'adorer contre promesse d'éternité et de bonheur. Il vous a joyeusement leurré en inventant cette histoire guerrière d'anges déchus qui ne manquerait de vous plaire et où le hideux Méphistophélès et les siens, refusant de se rendre, reculaient devant l'éclat de la lumière divine jusqu'aux enfers. Depuis ce temps, il se terre en rongeant sa rage et n'attend que l'occasion d'assouvir sa vengeance.

Et vous, pauvre troupeau effaré, vous avez marché dans la «combine». Libres que vous étiez, vous avez dorénavant un maître, des chaînes et un ennemi à haïr. L'Usurpateur vous a facilement convaincu qu'il représente tout ce à quoi vous aspiriez. Il vous a créé à son image et vous n'avez qu'à vous repentir d'exister, de forniquer, de tuer, de voler: il restera toujours magnanime envers vos travers. Toujours il vous pardonnera et toujours vous accueillera à sa droite. Il est prêt à n'importe quoi pour conserver votre préférence, il va même jusqu'à renier tous ses principes et sa droiture. Il n'a plus besoin de votre pardon et de votre innocence. L'Usurpateur ne désire conserver qu'une chose: votre stupidité.

Il est vrai, depuis quelque temps les anges sont de retour dans votre voisinage. On les surprend un peu partout à voltiger autour de vos têtes telle une nuée de vautours au service de l'Usurpateur pour soi-disant vous protéger de ma présence. Méfiez-vous chers humains, vous croyez qu'ils sont à votre service mais peut-être guettent-ils aussi chacun de vos mouvements, surprennent-ils chacune de vos pensées et se nourrissent-ils de votre essence. Et si, finalement, c'était justement leur présence à vos côtés qui vous rendait complètement tarés? Qui sait!

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

erickl30@hotmail.com

      Bonsoir! M. Méphistophélès

J'avoue avoir été un peu déçu de votre réponse. Eh oui, je m'attendais à un récit de guerre céleste ou du moins, à une histoire plus élaborée sur la dispute entre Dieu et Diable mais qu'importe... Faut avouer que vous êtes tous les Deux un peu décevants à vos manières respectives. Je ne l'écris pas comme un pur et dur reproche mais plutôt comme une constatation... Gênante... Certes.

J'avoue quand même avoir un point de vue semblable au vôtre quant au genre humain quoique le mien soit plus doux (Que voulez-vous... Je suis quand même un de ceux-là).

Il me vient maintenant à l'esprit une autre question: si vous étiez Dieu, et je sais bien que ce n'est pas le cas mais si vous étiez à sa place, quel serait le monde d'aujourd'hui d'après vous? À votre manière comment la Création (en particulier le monde des humains) serait-elle gérée?

Bien à vous,

Erickl
         
         

Méphistophélès

      Cher monsieur,

Votre déception ne me surprend nullement car comment vous satisfaire d'une vérité qui n'est pas la vôtre? Votre prétention est telle que vous ne pouvez accepter que l'on ait raison contre vous et que l'on formule des commentaires qui dépassent votre entendement. Une visite à l'Usurpateur, une autre pour moi et rien d'agréable ne sonne à vos oreilles. Vous ne retrouvez pas dans mon discours le petit chatouillement qui relèverait la sauce de votre orgueil. Je ne peux alors que vous suggérer d'aller vous étendre sur le divan de ce cher Freud. Il trouvera peut-être le moyen de satisfaire vos attentes.

Quant à la pauvreté de mes récits guerriers, essayez d'ouvrir votre journal quotidien ou de vous procurer quelques écrits épiques de circonstance et vous y découvrirez des descriptions fascinantes de vos capacités militaires et des massacres qui en découlent. Tout est là et je n'ai rien à vous apprendre en cette matière.

Mon pauvre ami, je sens que je vais encore vous décevoir par ma répartie en réponse à votre dernière question sur ma gestion hypothétique de la Création, et tout particulièrement des misérables humains qui s'en croient les maîtres. En vérité, la réponse est toute simple: je ne vous aurais probablement jamais créés sinon en un seul exemplaire. Je vous aurais alors placé dans un joli bocal avec mes échantillons d'insectes nuisibles.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

erickl30@hotmail.com

      M. Méphistophélès

Je ne croyais pas vous vexer à ce point en allant poser quelques questions au Père Éternel (qui est aussi le vôtre à ce que je sache...) et vous m'en voyez désolé. Je ne vous savais pas aussi jaloux...

Pour ce qui est de ce qui m'est agréable, de mon entendement et de mon orgueil, sachez qu'il me paraît plus approprié de ne pas vous en laisser apercevoir le bout et que le pourquoi des lettres que je vous envoie est attaché à la curiosité et à la confirmation de ma foi en Dieu. Vous me semblez si proche de l'être humain en définitive. Cette agressivité polie, ce désir de pouvoir, de possession et cet orgueil qui vous caractérise si bien feraient de vous un homme parfait dans ce début du 21ième siècle ne le saviez-vous pas?

Il semble y avoir aussi un léger doute quant à savoir si vous auriez créé l'humain...: «Probablement» dites-vous? Pourquoi ne pas être plus unifié dans ce que vous dites? Cela ne me surprend pas de vous voir user du langage «politically correct» de nos chefs gouvernementaux voyez-vous, après tout... Vous êtes un bon maître pour eux. Je vous laisserai donc là-dessus M. le Maître du Monde en vous dispensant de répondre à cette autre lettre où je vous demande comment vous situer mieux dans nos vies mortelles (je ne pourrais, de toute évidence, faire preuve d'entendement face à une réponse de cet ordre) et devinant la complexité du travail dont Dieu vous a chargé vis-à-vis l'Humanité, devinant combien il doit être difficile d'aider cette race à évoluer vers le Divin je vous dirai ceci: personnellement je crois que vous êtes bien celui que vous dites être et je salue respectueusement cette noire lumière qui vous habite, sachant qu'elle ne peut que servir le Divin en chaque être.

Bonne Nuit M. Méphistophélès
         
         

Méphistophélès

      Mon pauvre enfant,

Vous me semblez bien instable. Votre foi au Père éternel est bien fragile pour un humain dont la curiosité butine timidement entre le bien et le mal à la recherche de ses petites certitudes individuelles. À vous lire on croirait une brebis égarée du troupeau à la recherche de nouveaux horizons, d'une place réservée à la droite du maître. Méfiez-vous du méchant loup tapi dans l'ombre de la forêt, il guette le moindre de vos mouvements, vos indécisions, vos faiblesses et vos balbutiements spirituels. Il vous dévorera à la première occasion. Je vous conseille de retourner vivement auprès de votre berger et de rentrer dans le rang au plus tôt. Il y va du salut de votre âme.

Vous cherchez la confirmation de mon existence et me traitez de jaloux parce que je décèle vos défaillances. Vous me reprochez mon ambivalence à votre égard, mais vous tremblez telle une vierge devant son Seigneur qui lui réclame son droit de cuissage. Vous me craignez en n'osant vous l'avouer de peur de basculer dans mon antre. Vous avez terriblement peur de moi et vous fanfaronnez en vous cachant derrière l'âne qui vous sert de Dieu. Votre âme est une poule à qui l'on vient de trancher la tête et qui se heurte dans tous les coins à la quête de ce qu'elle vient de perdre et ne retrouvera jamais plus.

Méphistophélès n'a-t-il pas tous les vices y compris celui du langage? J'use de celui qui me sied le mieux et qui convient à votre capacité de comprendre. Le politiquement correct que vous m'attribuez si gentiment est fort amusant mais, contrairement à vos maîtres politiciens, je ne me gêne pas pour dire ce que je pense des mortels qui déchirent leurs chemises au nom des beaux principes propres à leur temps.

Venons-en maintenant à cette merveille de la nature dont vous faites partie et qui éblouit la création d'une manière incomparable. Ma réponse à la question sur votre émergence en ce monde vous a semblé hésitante... Peut-être avez-vous raison, après tout. Il est vrai que vous m'amusez tellement que je finirais par regretter de ne pas vous avoir créé. Mais au fait, qui vous dit que ce n'est pas moi qui vous ai créé? Qui vous dit que je ne vous ai pas façonné à partir de mes déjections les plus diaboliques et que vous ne seriez pas mes enfants chéris? Qui vous dit que je n'ai pas créé Dieu pour vous le jeter entre les jambes? Intéressant comme hypothèse, non?

Je vous abandonne donc à vos profondes réflexions sur la condition humaine et soyez assuré, que vous le vouliez ou non, que je répondrai à votre autre question avec le plus grand sérieux. Contrairement aux rabâchages insignifiants de l'Usurpateur, je prends plaisir à vous instruire sur ce que vous êtes et non pas sur ce que vous aimeriez être.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

erickl30@hotmail.com

      M. Méphistophélès,

J'avoue avoir une certaine admiration pour votre maîtrise de la plume. En effet, malgré le doux mépris et les suaves insultes qu'elle contient, elle demeure très intéressante et peut même aller jusqu'à entretenir l'esprit de l'humain que je suis.

Vos propos de la semaine dernière me comparant à une poule à qui l'on tranche la tête et à une jeune vierge mendiant sont droit de cuissage m'ont plutôt amusé. En effet, ce droit de cuissage me fut accordé depuis plusieurs années et je sais bien ne pas l'avoir mendié mais y avoir eu droit parce que je le voulais tout simplement. Pour ce qui est de la «poule»... Eh bien par expérience j'ai moi-même tranché la tête à quelques-unes de ces volailles (vous n'avez pas idée de tout ce qu'il faut occire pour vivre...) et je ne crois pas avoir compris dans cette manifestation de violence sanglante que le corps de l'animal courait après sa tête. Qui sait... Peut-être était-ce différent pour les guillotinés européens. Je vous entends déjà dire que je suis en train de me justifier... Eh bien peut-être est-ce cela mais je me sens très bien avec ce que je fais et dis.

Il y a aussi vos affirmations concernant l'attirance et la séduction que vous exercez sur ma personne. Je vous répondrai de ne pas en être si certain. À vous entendre, on pourrait laisser croire à plusieurs qu'en vous écrivant j'exprime quelques attirances douteuses et malsaines vis-à-vis vous, ce qui n'est pas le cas. Mais je dois bien dire que vous m'intriguez et que je vous respecte. J'apprécierais si vous le voulez bien que vous cessiez de parler de Dieu de cette manière horripilante. L'«usurpateur» n'est pas à mon avis un nom qui sied très bien à la Source Éternelle. À moins, bien sûr, que vous soyez vous-même cette source auquel cas, je ne saurais vous empêcher de manquer de respect envers vous-même. Mais devant Dieu... Pouvez-vous affirmer que vous êtes celle-ci?

Vous parlez aussi d'avantages, d'offres? Très intéressant que tout cela... Le Dieu auquel j'appartiens n'est pas le Dieu jaloux et vengeur des chrétiens, Il commence où celui des autres finissent et Lui-Même est infini. Dans cette large perspective des choses telles qu'elles sont, je crois pouvoir m'asseoir et vous laisser étaler le contenu de toutes ces merveilleuses offres de même que les contrats en bonne et due forme qui leurs sont attachés et peut-être seront-ils tellement intéressants que je m'y laisserai «ferré». Heu... J'ose espérer que la «poêle à frire» ne sera en clause sur ces contrats sinon je me verrai obligé de vous opposer un refus.

M. Méphistophélès.

Veuillez agréer M. l'expression de mes meilleurs sentiments.

ErickL
à archange, archange et demi
         
         

Méphistophélès

      Monsieur,

Converser avec vous est un réel plaisir, cher ami, croyez au moins en ma sincérité à cet égard. L'assurance que vous manifestez en vos moyens est impressionnante et mes «insultes» ne sont que quelques traits d'esprit se brisant sur l'armure de votre foi. Il me plaît de surprendre vos réactions et éprouver la solidité de vos convictions. Ainsi, j'en conviens humblement, tenir tête au Seigneur des ténèbres avec tant de flegme n'est pas l'apanage du premier venu. Décidément, Dieu fait toujours recette!

Pourtant, si vous me le permettez à nouveau, je persiste à croire en la faiblesse de votre certitude quant à la sagesse de votre âme qui, en définitive, me semble assez folâtre. Vous défendez son intégrité avec trop de vigueur pour que ne s'y dissimule pas quelques incertitudes fondamentales. Votre «source éternelle» m'apparaît bien trouble pour justifier une telle montée aux barricades pour défendre l'inqualifiable. Ne me dites pas que vous adhérez à ce Dieu mollusque et informe de Dialogus qui semble avoir perdu beaucoup plus que sa tête sous la hache du bourreau, mais toute sa crédibilité?

Vous me décevrez amèrement de tomber dans un piège aussi enfantin tendu par ces adeptes du... Comment dites-vous? Du Nouvel âge??. Il est trop aisé et reposant de croire en la facilité et la paresse de l'esprit Divin. Vous semblez diluer votre besoin de croire dans une constellation ma foi plutôt nébuleuse, en êtes-vous déjà à préparer vos bagages pour Sirius? Prenez garde au ramollissement de votre pensée en vous refusant à toute forme de contestation et de remise en question, car comme usurpation et lavage de cerveau, il est difficile de faire mieux. Vous méritez beaucoup mieux que ces enfantillages de quatre sous, ne croyez-vous pas?

Il m'est donc très agréable de détecter ces quelques failles sommeillant toujours en votre coeur sur le sérieux de votre cheminement. Il m'est aussi satisfaisant de constater que vous êtes sensible à mes raisonnements concernant l'Usurpateur puisque cela vous horripile autant. Il y a donc matière à poursuivre et J'en suis fort aise. Vous ne pensez tout de même pas sérieusement que je vais m'abaisser à respecter celui que vous défendez avec autant d'opiniâtreté. Apprenez, cher ami, que le respect est une affaire de savoir-vivre et que l'Usurpateur ne semble pas en user plus qu'il en faut. Admettez que mon mépris vaut bien sa vanité de s'approprier ce qui ne lui appartient pas.

Des contrats? Allons donc! Ai-je besoin de contrat pour vous tendre généreusement la main et entrouvrir les portes de mon royaume? À présent c'est vous qui en appelez au Dieu Vengeur afin de me narguer. Vous utilisez bien les arguments qui vous conviennent afin d'éloigner la tentation de doute présente en votre esprit alors que moi, je ne suis, évidemment, que perfidie. Rassurez-vous, je ne vous en veux nullement et danser sur une poêle n'est peut-être pas aussi désagréable que vous le pensez.

Méphistophélès,
L'esprit qui toujours nie
         
         

erickl30@hotmail.com

      Ha! M. Méphistophélès

C'est une belle journée printanière et je ne m'attendais plus à recevoir de vos nouvellles. Je croyais que vous vous étiez étiolé avec l'hiver et que vous m'aviez abandonné à mon sort humain croyant avoir trouvé un adversaire digne de votre épée. Mais qu'importe. J'ai le coeur léger en cette jolie journée et croyant bien avoir décelé une baisse d'hostilité dans votre dernière lettre je suis aussi prêt à baisser ma garde... Mais... Sachant bien avec qui je fricotte, je suis désolé de devoir tenir mon bouclier où il est (sourire).

Malgré tout, j'avoue être flatté par votre courtoisie et j'ajouterai que je ne saurais être ce que je suis aujourd'hui si ce n'eût été de vous-même. En effet, un certain «Job» ne serait pas ce qu'il est si vous-même n'aviez contribué à son cheminement. De même, mon humble personne, ne serait pas ce qu'elle est sans ces quelques leçons apprises sous les coups de votre houlette. Malgré que la chaleur du feu infernal fût plutôt plaisante en certains moments précis et que j'aime bien encore de temps à autre craquer une allumette...

Je dois ici vous décevoir encore une fois en vous apprenant ma mentalité «nouvel-âgiste» par contre, je ne suis pas de ceux qui tombent dans ce laxisme spirituel regorgeant du positivisme malhonnête qu'offre si bien cette forme de spiritualité. Et je vous sais déjà tapis dans quelque recoin, lorgnant d'un oeil avide ces pauvres malheureux qui, c'est bien le cas, ne se doutent et ne doutent de rien. «Je pense donc Je suis...»

Personnellement, je ne vois pas Dieu comme un individu mais comme Une Énergie, ce qui me permet de garder un droit de regard sur Mon cheminement.

Le dieu de dialogus...? Vous n'êtes pas sans savoir que ce «dieu» n'est qu'une forme d'expression divine diluée et que je ne m'agenouillerai pas devant ça. Par contre, il semblerait (d'après mes expériences personnelles) que votre noire-essence s'exprime beaucoup mieux à travers l'être humain, ses systèmes, ses institutions et à peu près tout ce qui le caractérise que l'Essence de Vie Elle-Même. Et comme il semble ne pas avoir foule sur votre forum autant que sur Le Sien, je me suis dit qu'une petite discussion avec un adversaire tel que vous pourrait bien être intéressante; ce qui semble exact jusqu'à maintenant.

Sirius...? N'est-ce pas là une de ces promesses salvatrices offertes par quelques «nabauds» en jaquettes de couleur, arborant pentacles à la mode et Tau égyptien plaqué or... Je vous sais fin-stratège Maître Diable mais de là à me croire bête au point de tomber dans ce petit tour... Néanmoins, un voyage sur une autre planète me serait sûrement agréable s'il était possible. Je suis las de cette guerre entre Vous et Dieu dont les seules victimes sont semble-t-il: les Humains. Parlant d'humains... Votre différend avec Dieu n'était-il pas dû au fait que l'humain, à l'échelle du temps Divin bien sûr, vous supplanterait vous, les archanges, au ciel? Et d'après l'histoire de Job, il semble que vous ayez toujours vos allées et venues au ciel. Serait-ce que Dieu, quoique courroucé, vous considère toujours comme un dans sa demeure?

Sachez aussi que je regarderai volontiers lorsque vous m'entrouvrirai les portes de votre royaume mais que je sais déjà que le dégoût et la pitié me feront tourner le dos à votre offre, les malades et les maladies de toutes sortes ne me font pas très envie et je vois plutôt mal un enfer où ils ne peuvent être présents. À moins, bien sûr, que vous me décriviez un peu plus cette offre et ses avantages? Peut-être l'enfer n'est-il point comme je le vois?

En terminant, j'userai encore une fois de mon impudence envers vous en vous conseillant une petite lecture. Vous devez sûrement posséder dans vos archives un ouvrage écrit par une dame nommée Anne Rice, le volume s'intitule «Memnoch le Démon». Je crois que même le Diable que vous êtes réussira à le trouver intéressant... Enfin... au moins la moitié.

En vous souhaitant un printemps... Infernal M. Méphistophélès,

ErickL