| Lettre d'acceptation de Méphistophélès à l'Éditeur |
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| Cher Seigneur Dumontais, C'est très gentil à vous de m'inviter ainsi à votre festin. Je commençais sérieusement à m'ennuyer. Les hommes sont aujourd'hui tellement médiocres, j'allais dire tellement humains, qu'ils réussissent à se perdre eux-mêmes, sans que je n'aie à intervenir. Il m'est de plus en plus difficile de trouver des âmes pures à me mettre sous la dent... Remarquez qu'autour de votre table il n'y a pas que des anges. J'y vois un mélange de pisse d'âne et d'eau bénite. J'achèverai les premiers sans trop de difficultés. Quant aux seconds, ils douteront rapidement d'eux-mêmes. Je m'en donnerai à coeur joie. Vous savez combien les philosophes, les écrivains, les musiciens et tous ces plaisantins m'intéressent! Leur sensibilité les attendrit tellement que je devrai me retenir pour éviter qu'ils ne s'effondrent sur votre portail. Je vous dois bien cette politesse, vous Seigneur qui ouvrez la porte au Saigneur. Quant à vos lecteurs, ceux qui selon vous m'écriront - ce dont je doute -, aurai-je le loisir de les fauster à ma guise? M'en empêcher ne serait pas digne de votre infinie bonté et serait ma foi un terrible aveu de leur fragilité. Eh bien allons-y. Passons à table. Quel fauteuil m'avez-vous réservé? Le plus confortable j'espère. Celui qui sied au derrière du doyen. Méphistophélès L'esprit qui toujours nie |