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Votre jeunesse |
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| Très chère Catherine, J'ai cru comprendre que vos parents sont décédés alors que vous étiez enfant. Je me permets ici de vous demander de quoi ils ont trépassé. Qui s'est occupé de vous? Avez-vous des frères et soeurs? Avez-vous beaucoup souffert du manque d'amour maternel que votre défunte mère n'a pu vous donner? Comment s'est déroulée votre enfance? Qu'avez-vous ressenti à la mort du fils aîné de François Ier qui faisait de vous non plus l'épouse d'un fils de France mais une dauphine et donc une future reine? Votre époux était-il bien préparé au métier de Roi? Je vous transmets mes respects et amitiés, Anaïs Anaïs, Mes parents sont effectivement passés de vie à trépas alors que j'étais encore dans mes langes. Ma mère, Madeleine de la Tour, ne s'était pas remise de ses couches. Comme de nombreuses accouchées, elle était atteinte de fièvre puerpérale. Elle mourut le 28 avril 1519. Je n'avais que quinze jours. Mon père, Laurent de Médicis, était tuberculeux. Pendant l'hiver de 1519, il souffrait de fièvre à un stade avancé. Mon père n'était toujours pas guéri au printemps, son état avait même empiré lorsqu'il apprit le trépas de son épouse. Il expira le 4 mai. En moins d'un mois, j'étais donc doublement orpheline. Ils ne m'ont pas donné fratrie, ne s'étant unis que le 28 avril de l'an 1518. L'amour maternel ne me manqua pas, car je n'avais pas connu ma mère Madeleine et que j'ai toujours été bien aimée et choyée. Les candidats ne manquèrent pas pour m'élever. Le roi de France François me réclama, à cause de mes ascendances françaises. Mais je suis finalement restée à Rome. Les femmes de ma famille florentine se chargèrent de mon éducation. Le pape Clément V, mon parent, s'occupa bien de moi. Je n'ai pas eu à me plaindre de mon éducation. J'ai passé deux années de mon enfance, vers mes huit ans, chez les Murate, un couvent de bénédictines, lors du siège de Florence. J'étais très méprisée à cause de mon héritage. Les Médicis avaient bien mauvaise réputation. Puis le souverain pontife me reprit sous sa protection et me maria au duc d'Orléans, second fils du roi François. A la mort du dauphin, je fus bien heureuse d'être dauphine de France, mais j'étais toutefois très inquiète, car je n'avais aucune maternité en vue, après trois ans de mariage. Cette inquiétude se fit de plus en plus croissante. Henri eut onze années pour se préparer sérieusement au métier de Roi. Le temps qu'il ne passait pas avec Diane, il le passait à s'y préparer. Il fut par la suite un très bon souverain. Bien à vous, Catherine de Médicis |
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