| Lettre d'acceptation de Catherine de Médicis à l'Éditeur |
||||
![]() |
||||
| Le 30 juin 1589 Mesdames et messieurs, J’ai le plaisir de pouvoir communiquer avec vous. Il semble que l’Italienne a finalement gagné une place dans vos sentiments. Moi, je croyais que réussir la mission serait impossible, mais il n’y a rien que le temps ne donne pas. J’ai toujours aimé la France et, pour cela, j’ai fait ce que je croyais le meilleur pour elle. Il y a parmi les Français ceux qui m’accusent d’avoir tué mon beau-frère, le dauphin François, pour pouvoir accéder un jour à la couronne française. D'autres m’inculpent de la mort de Jeanne de Navarre, mère d’Henri, mon gendre, mari de ma fille Marguerite. Mais ils se trompent. J’ai aimé mon mari Henri jusqu’à sa mort; alors, il n’y a aucune raison pour laquelle j’aurais tué son frère, qui a été très spécial pour lui, pour les Français et pour moi-même. Ils se trompent encore, puisque c’est l’amour de la France qui m’a aidé à résister à la haine de mon mari et à la mort de François et Charles, tous deux mes enfants et rois de France. Si je ne pensais qu’à l'Italie, je serais déjà partie, il y a longtemps. La France a été cruelle avec moi, quand sa fille Diane m’a arraché l’amour du roi Henri II. Pourtant, j’ai appris à l’aimer, avec la belle cour de mon beau-père, François Ier et tous ses châteaux et jardins. Encore une fois, je vous le dis, tout ce que j’ai fait l'a été pour le bien de la France. Vivre comme je vis, entre catholiques et réformistes, n’est point facile; au contraire, la situation met en danger un royaume, mais aussi représente une preuve pour les rois et reines qui doivent décider quelle sera la vraie foi. Après la mort de mon mari, mon fils François était très jeune et faible pour pouvoir choisir ce qui serait le meilleur. Malheureusement, il n’a pas vécu assez pour pouvoir décider, et son frère Charles avait seulement dix ans, quand il a accédé à la couronne. Comme son frère, il a vécu une vie douloureuse et courte qui l’a empêché, malgré mes efforts, de survivre. C’est jusqu’à ces jours, avec mon cher Henri, sacré Henri III, que cette mère voit la fin des guerres qui l’ont arrachée à ses enfants. Chers français, je reste et resterai jusqu’à ma mort, votre reine loyale, qui serait incapable de vous trahir et qui a donné sa vie à vous, à son mari et roi, mais surtout, à faire de ses enfants, vos futurs rois et reines, des hommes et des femmes assez forts pour pouvoir vous gouverner. Votre dévoué et loyale reine, Catherine M.R.de Médicis |