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Jade
écrit à

Le masque de fer


Je ne connais que votre surnom


    Cela peut paraître bien étrange qu'un tel courrier. Mais je ne connais pas votre histoire, ni votre nom, uniquement le surnom de Masque de Fer. Il y a eu des légendes qui vous disaient le frère jumeau du roi, est-ce vrai?

Pourquoi ce masque? Je vous prie, éclairez-moi... Je vous en serais reconnaissante, car vous m'avez, depuis toujours, intriguée.

Au revoir, cher Masque de Fer (cela m'insupporte de vous appeler ainsi car j'ai l'impression que vous n'êtes pas réel, alors que vous l'êtes)

Bien à vous et mille baisers.

Jade

Bonjour,

Je suis celui que l’on sait. J’ai été enfermé sur ordre du roi à cause de mon terrible secret en 1669, en la forteresse de Pignerol, sous la surveillance exclusive de monsieur de Saint-Mars.

En 1682, j’ai dû suivre mon geôlier à la forteresse d’Exilles, dont il venait d’être nommé gouverneur. Puis, en 1694, nous avons quitté ce terrible endroit pour rejoindre la citadelle de Sainte-Marguerite.

Toutefois, je ne pense pas finir mes jours ici. J’entends parler de mon transfert possible à la Bastille. Le roi semble vouloir proposer cette haute fonction à mon geôlier en remerciement des services rendus.

En fait, je suis lié à monsieur de Saint-Mars. Lui seul sera mon gardien car le roi a toute confiance en lui. Il a été recommandé par le sieur d’Artagnan en personne.

Quant à savoir pourquoi j’ai été enfermé, je ne peux le dire. Tout ce que je peux faire, c’est parler des bruits qui courent sur mon identité et les motifs de ma détention. En revanche, je ne peux révéler mon terrible secret.

J’ai entendu les "contes jaunes" qui font de moi le frère jumeau de notre roi. Sachez, mademoiselle, qu’il n’y a rien de vrai là-dessous. C’est la seule chose que je peux vous dire sur mon identité.

Mon masque est en velours et non en fer comme je l’entends dire parfois. Il ne sert qu’à empêcher au monde de voir mon visage. Un masque en fer serait d’une barbarie sans nom et un tel procédé serait indigne de notre roi.

À bientôt mademoiselle, et merci encore pour votre message qui a mis un peu de ciel bleu dans la vie d’un pauvre prisonnier.

Celui qui sait
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