Foi et athéisme

 

     

       

 

       

 

       

Mia-

      Mon Père,

Je vous l'avoue, je vous écris tout simplement par goût de la polémique. Je suis athée, à moins que le terme exact ne sois "agnostique", je ne sais jamais lequel des deux termes est le bon. En tous cas je ne crois pas qu'il existe un Dieu, surtout tel qu'il est décrit par la Bible.

Chaque fois que j'ai discuté avec une personne croyante, il m'a semblé que ce qu'on appelle la Foi est avant tout une grâce, un axiome, quelque chose qu'il faut admettre sans se poser de questions. Je vous l'avoue, si je puis croire ce que je ne vois pas, il faut au moins que la chose me paraisse possible, conforme à la logique et au raisonnement. Et il ne me semble pas que Dieu soit tellement indispensable pour expliquer la vie ou le monde tel qu'il est...

En tant que prêtre, croyant, et vous sentant bien décidé à sauver des âmes, je me demande quels arguments vous pourriez m'opposer; pour autant, je préfère vous le dire tout de suite, je ne cherche pas à être convertie, je suis simplement intéressée par l'échange de vue que nous pourrions avoir, mais je concevrais que vous jugiez mon cas trop désespéré, de votre point de vue, pour entrer dans la discussion :)

Sincèrement

Mia-
         
         

Abbé Martin

      Vous avez sûrement une explication du monde bien à vous, mon enfant.

Comment imaginez-vous quâil ait pu être créé sans lâintervention de Dieu? Même la science ö dont pourtant je ne connais que bien peu de choses ö ne croit pas à la génération spontanée. Pensez-vous vraiment que nous soyons sur terre par hasard, sans aucun but et que nous ne devions jamais rendre compte de nos actes? Bien au contraire, mon enfant, nous avons une mission si lourde à accomplir que nous nâavons de cesse de tenter de nous y soustraire et que sans le rachat de nos péchés par Notre Seigneur Jésus-Christ nous tomberions dans le désespoir. Je nâai jamais rencontré dans ma paroisse de Cucugnan un seul vrai agnostique, mais les hommes sont ainsi faits quâils essayent de se persuader quâils sont seuls juges de leur vie, ils ont trop peur de ne pas toujours très bien faire. Le sacrement de la pénitence est là pour leur rappeler la bonté de Dieu, et leur permettre de reprendre le chemin quand ils sont tombés. Croyez-moi, mon enfant, il nây a rien à craindre pour celui qui a confiance en Dieu.

Votre bien dévoué,

Abbé Martin.