Lettre d'acceptation
de l'Abbé Martin
à l'Éditeur
       

       
         
         

Abbé Martin

      Cher monsieur Dumontais,

Je suis lâAbbé Martin, le Curé de Cucugnan, comme vous le savez, j'ai beaucoup de mal à faire admettre à mes ouailles la nécessité de suivre les voies du Seigneur et sans mes sermons et notamment celui dont Alphonse Daudet s'est fait aimablement l'écho - la totalité d'entre eux seraient aujourd'hui en enfer.

Je suis profondément peiné de voir si peu de nos concitoyens se diriger vers le Paradis du Beau Saint-Pierre tandis que tant d'entre eux vont roussir dans les flammes de Satan. Ce que jâai fait pour mes Cucugnanais jâaimerais le faire pour tous les français et pourquoi pas aussi pour nos cousins de la Belle Province.

On me dit que vous pouvez mâaider autant sinon plus que ce cher monsieur Daudet, que mes sermons grâce à vous pourraient atteindre tous les fidèles de notre sainte mère lâÉglise, si le brave Bon Dieu a su vous faire découvrir ce moyen pour ramener ses brebis au bercail, je me tiens prêt à recevoir leurs confessions jour et nuit. Dites-leur bien que je garderai le secret de leurs fautes, et que la pénitence que je leur infligerai sera bien douce en comparaison des flammes de l'enfer.

Avec un prénom comme le vôtre (si évocateur - mais si je peux me permettre, que je ne trouve pas dans la liste des saints de mon calendrier) monsieur Dumontais, je ne doute pas que vous saurez m'aider. Voyez l'état dans lequel je suis, je n'ai plus le goût de vivre, moi qui aimais tant la nourriture de notre belle provence.

Votre bien dévoué

Abbé Martin.